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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Author (review)
      • Coulon, Damien
      Language (review)
      Français
      Language (monograph)
      Español
      Author (monograph)
      • Colesanti, Gemma Teresa
      Title
      Una mujer de negocios catalana en la Sicilia del siglo XV: Caterina Llull i Sabastida
      Subtitle
      Estudio y edición de su libro aestro 1472-1479
      Year of publication
      2008
      Place of publication
      Barcelona
      Publisher
      Consejo Superior de Investigaciones Científicas
      Number of pages
      900
      ISBN
      978-84-00-08642-8
      Subject classification
      Gender Studies, Economic History
      Time classification
      Middle Ages → 15th century
      Regional classification
      Europe → Southern Europe → Spain, Europe → Southern Europe → Italy
      Subject headings
      Quelle
      Handel
      Barcelona
      Frau
      Syrakus
      Original source URL
      http://mcv.revues.org/3488
      recensio.net-ID
      90b230777731fb91eedd993326fcb8cc
      DOI
      10.15463/rec.1189729505
  • Citation rules

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Gemma Teresa Colesanti: Una mujer de negocios catalana en la Sicilia del siglo XV: Caterina Llull i Sabastida. Estudio y edición de su libro aestro 1472-1479 (reviewed by Damien Coulon)

Cet ouvrage, publication de la thèse de doctorat soutenue par Gemma Teresa Colesanti en 2005, esquisse le portrait et présente la gestion commerciale de Caterina Llull, principalement grâce à un volumineux livre de comptes qu’elle a tenu entre 1472 et 1479, premier d’une série de quatre rédigés en catalan et conservés à l’Arxiu del Palau Requesens de Sant Cugat del Vallès, près de Barcelone. Catarina Llull appartient, comme son époux Joan Sabastida, au milieu de l’oligarchie marchande barcelonaise qui se voit confier des fiefs grâce aux liens qu’elle entretient avec le pouvoir royal. C’est dans ces conditions que la famille s’installe dans sa turris bastide du port de Brucoli au nord de Syracuse en 1463. Après le décès de son époux survenu dans les derniers mois de l’année 1471, Caterina Llull est amenée à assurer la gestion des affaires familiales, tâche dont elle semble s’être acquitté très honorablement et qui permet à l’auteur de mettre en valeur un portrait féminin attachant qui tranche dans un milieu largement dominé par l’élément masculin.

Le volumineux livre de comptes (de près de 280 folios), intégralement publié dans la seconde partie de l’ouvrage (pp. 233-900), témoigne d’opérations essentiellement limitées à la Sicile (à 80 %), qu’une vingtaine de tableaux permet d’appréhender de façon synthétique. Hors de la Sicile, les activités commerciales de Caterina Llull sont surtout orientées vers Majorque et, secondairement, vers Barcelone. Le trafic des marchandises porte principalement sur des exportations de céréales et des importations de tissus. Les comptes révèlent en outre les dépenses au quotidien de la famille et des 16 esclaves à son service. On notera enfin le rôle important des juifs de Syracuse parmi ses partenaires commerciaux (un index liste l’ensemble des personnes apparaissant parmi ces comptes pp. 208-229).

Au-delà de ces éléments économiques et matériels, ce sont aussi des aspects de la personnalité et de la mentalité de Caterina que révèlent cette source, mais surtout la correspondance qu’elle a principalement entretenue avec sa sœur restée à Barcelone durant son séjour sicilien. Une cinquantaine de lettres ont ainsi été conservées dans le même fonds d’archive, dont une rédigée par Caterina elle-même datant de 1478. De larges extraits en sont reproduits. Ces précieux documents permettent d’appréhender l’intimité de cette famille et de cerner les valeurs qui animent cette veuve dans la gestion de ses affaires, comme dans l’éducation de ses quatre enfants. La publication de son testament daté du 3 mai 1495 vient enfin compléter ces données (pp. 197-201).

L’auteur en conclut ainsi après une présentation et une analyse d’une centaine de pages, qu’à travers cet exemple, « les deux rôles, le féminin et le masculin s’intégraient de façon extraordinairement efficiente dans le monde marchand » (p. 120) et que les « femmes qui travaillaient activement depuis la fin du xiiie siècle comme opératrices économiques vécurent pleinement l’époque du changement de mentalité de la première Renaissance » (p. 121).

Il me semble tout de même que ces jugements restent à nuancer, d’abord par le fait que cette activité de gestion commerciale – dans le cas de Caterina Llull comme dans les autres, car il n’est effectivement pas isolé en cette fin de Moyen Âge – ne résulte pas d’un choix, mais est bien imposée par les circonstances (Caterina ne joue aucun rôle commercial particulier du vivant de son mari), ce qui en un sens souligne ses capacités de réaction et d’adaptation. En outre, comme le relève Gemma Teresa Colesanti (pp. 75 et 80-81), parmi les opérations visant des marchés extérieurs à la Sicile, la plupart a en fait été engagée par son mari et Caterina ne fait que les mener à leur terme. Enfin, il est symptomatique de constater qu’elle choisit finalement de rentrer à Barcelone en 1482 ou 1483, où elle continue manifestement à tenir des livres de comptes, mais sans que l’on connaisse alors la nature précise de ses activités. L’étude de ces sources – en particulier le second livre, correspondant à la fin du séjour sicilien de Caterina Llull et de sa famille – permettrait ainsi de compléter utilement le travail présenté dans cet ouvrage, sans nécessairement en donner la publication intégrale. Pour conclure, Caterina Llull fut-elle effectivement une « femme d’affaires » ou plutôt la veuve d’un homme d’affaires relevant le défi d’agir dans un milieu et une société largement dominés par l’élément masculin ? Aux lecteurs et aux lectrices d’en juger.

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