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  • Metadaten

    • Dokumenttyp
      Rezension (Monographie)
      Zeitschrift
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Autor (Rezension)
      • Barraqué, Jean-Pierre
      Sprache (Rezension)
      Français
      Sprache (Monographie)
      Español
      Autor (Monographie)
      • Falcón Pérez, María Isabel
      Titel
      Los infanzones de Aragón en la Edad Media
      Erscheinungsjahr
      2008
      Erscheinungsort
      Zaragoza
      Verlag
      Institución Fernando el Católico
      Umfang
      277
      ISBN
      978-84-7820-919-4
      Thematische Klassifikation
      Biographien, Familiengeschichte, Historische Hilfswissenschaften, Rechtsgeschichte, Sozial- und Kulturgeschichte
      Zeitliche Klassifikation
      Mittelalter
      Regionale Klassifikation
      Europa → Südeuropa → Spanien
      Schlagwörter
      Niederer Adel
      Genealogie
      Privilegien
      Aragonien
      Cortes
      Urkundensammlung
      Original URL
      http://mcv.revues.org/3734
      recensio.net-ID
      92f50db8f17a6977774c04f52ca13d55
      DOI
      10.15463/rec.1189731117
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María Isabel Falcón Pérez: Los infanzones de Aragón en la Edad Media (rezensiert von Jean-Pierre Barraqué)

La noblesse aragonaise présente une particularité intéressante par rapport aux autres royaumes chrétiens : la division de la noblesse en deux groupes distincts, haute et petite noblesse, jusque dans leurs représentations aux Cortès. L’auteur rappelle une définition qu’elle a elle-même proposée : les caballeros sont les nobles armés qui se préparent effectivement pour la guerre, tandis que les infanzones sont ceux qui appartiennent seulement au groupe.

À partir de la constatation du manque d’études sur la petite noblesse en Aragon, l’auteur nous propose un livre essentiellement consacré à la petite noblesse aragonaise, dans une édition luxueuse. Le volume se compose du rappel de la législation sur les infanzones et chevaliers, d’une étude des noms et de la formation des lignages, d’une étude de la localisation des casales des infanzones qui demandent la reconnaissance de leur titre, des localités dans lesquelles se trouvent ces mêmes infanzones et d’une anthologie de soixante documents.

Les infanzones appartiennent à la petite noblesse dont on attend principalement le service militaire. Leur condition les exonère de tout tribut ou de tout service ordinaire au roi ; une phrase revient dans toute la documentation : l’infanzón est celui qui doit prendre et non donner, en raison d’une quelconque servitude ou service de vilainie. Géographiquement, il s’agit d’un groupe urbain qui finit par constituer un brazo séparé des autres états de la société, lorsqu’il s’agit de participer aux contributions urbaines. Bien entendu, son statut économique est très varié. Les infanzones remplissent des charges royales, parfois exercent des professions libérales ou sont juristes. Mais, dès 1242, Jacques Ier interdit aux infanzones de Huesca de pratiquer le commerce ou d’exercer un métier manuel.

La législation qui les définit est produite sur plusieurs siècles ; la première documentation se trouve dans la compilation forale de 1247 sous les auspices de Jacques Ier, le Vidal Mayor, et s’étire jusqu’aux Cortès d’Alcañiz. À partir d’un statut de combattant qui accompagne le roi, forme la plus simple de la définition, se développent progressivement une série de privilèges, mais aussi une série de dispositions pour éviter la multiplication des infanzones. Cela s’observe particulièrement à Huesca, où dix-sept familles d’infanzones sont implantées avant la Peste Noire, tandis que le nombre de ces familles augmente considérablement, pour atteindre une cinquantaine au milieu du xve siècle.

À l’origine, il existe deux formes d’infanzones : ceux qui sont appelés de sang, de lignage ou hermunios (en raison de leur exemption) et ceux qui sont désignés comme infanzones de carta ou de población. À partir de la fin du xiiie siècle, seuls les premiers sont considérés comme véritablement nobles, quand les seconds se fondent dans les oligarchies urbaines. Le statut d’infanzón se voit progressivement précisé dans les rédactions des fueros des xiiie et xive siècles. Un chapitre est consacré aux sauvegardes de l’infanzonia, c’est-à-dire à la procédure qui permet de prouver son appartenance à la petite noblesse, grâce au serment de deux témoins parents de l’infanzón. Si cela est nécessaire, ils peuvent montrer le casal d’origine de l’infanzón. Ce serment se prête devant le roi ou devant un de ses représentants. Cette procédure est évidemment très utilisée quand surgissent des conflits à propos du paiement d’impôts ou de taxes, puisque par définition un infanzón ne peut en payer. Curieusement, ce chapitre est séparé d’un autre consacré au privilège d’infanzonia qui traite d’une autre manière de faire reconnaître son infanzonia. L’étude de l‘onomastique et l’évolution des noms des infanzones ne montre pas de variations par rapport à ce qui est observé dans le reste de l’Europe. Les prénoms et les noms commencent à se cristalliser au milieu du xiiie siècle pour devenir héréditaires et caractéristiques d’une lignée, alors que dans la période précédente, chaque membre d’une famille portait un nom particulier.

Un chapitre est consacré au casal des infanzones qui est la maison de famille, fondée par un infanzón, ancêtre de la lignée, à laquelle ses descendants restent toujours attachés. L’héritier en est généralement le premier né. Les maisons nobles qui apparaissent dans la documentation se situent principalement dans l’actuelle province de Huesca et au nord de Saragosse, c’est-à-dire dans le vieil Aragon.

Les privilèges d’infanzonia sont accordés par le roi héréditairement, parfois en récompense de bons et loyaux services ; parfois il s’agit d’une simple reconnaissance par le roi, après instruction, quand l’infanzón ne s’est pas soumis à la salva de infanzonia. Bien entendu, la meilleure façon d’accéder à ce statut reste les services rendus au roi.

Ce volume se présente essentiellement comme une publication érudite de documents à peine utilisés. La présentation de la page 9 à la page 40, reprend, sans pousser plus loin l’analyse, le contenu des documents présentés dans l’anthologie finale. On y aborde les cadres juridiques, les résidences, les procès de reconnaissance de la noblesse. Les autres points se résument à des listes ou à des tableaux accompagnés de cartes dont le maniement n’est pas évident.

Au total, le livre se présente à la fois comme une première approche et comme un recueil de documents juridiques, royaux ou autres sur le thème de la petite noblesse, dont l’accès reste difficile en raison de leur dispersion.