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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Author (Review)
      • Péquignot, Stéphane
      Language (Review)
      Français
      Language (Monograph)
      Català
      Editor (Monograph)
      • Ferrer i Mallol, Maria Teresa
      • Riu i Riu, Manuel
      Title
      Tractats i negociacions diplomàtiques de Catalunya i de la Corona catalanoaragonesa a l'edat mitjana I
      Subtitle
      1: Tractats i negociacions diplomàtiques amb Occitània, França i els estats italians 1067-1213
      Year of publication
      2009
      Place of publication
      Barcelona
      Publisher
      Institut d’Estudis Catalans
      Series
      Memòries de la Secció Històrico-Arqueològica
      Series (vol.)
      LXXXXIII
      Number of pages
      503
      ISBN
      978-84-92583-77-5
      Subject classification
      Political History
      Time classification
      Middle Ages → 6th - 12th century, Middle Ages → 13th century
      Regional classification
      Europe → Western Europe → France, Europe → Southern Europe → Spain, Europe → Southern Europe → Italy
      Subject headings
      Katalonien
      Diplomatische Beziehungen
      Quelle
      Aragonien
      Geschichte 1067-1213
      Original source URL
      http://mcv.revues.org/3737
      recensio.net-ID
      58a8ec565adc714ac05b8f6271826b38
      DOI
      10.15463/rec.1189737495
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Maria Teresa Ferrer i Mallol / Manuel Riu i Riu (eds.): Tractats i negociacions diplomàtiques de Catalunya i de la Corona catalanoaragonesa a l'edat mitjana I. 1: Tractats i negociacions diplomàtiques amb Occitània, França i els estats italians 1067-1213 (reviewed by Stéphane Péquignot)

Cartulaires et parchemins conservés dans des fonds nobiliaires, livres de privilèges et registres de conseils urbains, instruments notariés, actes des rois et chapitres de subsides discutés aux Corts… : l’édition de documents éclairant l’histoire de la Catalogne médiévale, forte du soutien apporté par de multiples institutions (Generalitat, ajuntaments, Fundació Noguera, CSIC, etc.), connaît un essor remarquable depuis la fin du franquisme. Lancée sous les auspices de l’Institut d’Estudis Catalans, la collection Tractats i negociacions… participe au mouvement général en se fixant pour objectif de combler « un déficit considérable en termes de publications de grandes collections documentaires » par rapport à « d’autres pays » (p. 9). Il s’agit en l’occurrence du premier volet d’une vaste entreprise éditoriale à caractère national, conçue comme un ouvrage de référence devant à terme intégrer non seulement les traités de paix, mais aussi les instructions (memorials) d’ambassadeurs et les correspondances diplomatiques des comtes de Barcelone puis, à partir du milieu du xiie siècle, celles des rois d’Aragon détenteurs de l’autorité comtale. Le premier volume couvre la période 1067-1213, depuis l’acquisition des comtés de Carcassonne et de Razès par les comtes de Barcelone jusqu’au désastre de Muret, lors duquel le roi Pierre II d’Aragon (Pierre Ier de Catalogne) perd la vie face aux troupes croisées de Simon de Montfort. Le tome recensé concerne les « traités et négociations diplomatiques avec l’Occitanie, la France et les États italiens ». Un deuxième tome, dont la publication est annoncée comme prochaine, portera sur les relations avec les États ibériques, l’Angleterre et les puissances islamiques. Si la délimitation de la période d’expansion de la maison de Barcelone au nord des Pyrénées et la répartition géographique adoptée paraissent pleinement justifiées, le sous-titre du volume suscite l’interrogation. Pourquoi mettre sur le même plan « États italiens » et « Occitanie » ? Les premiers, notamment les communes de Gênes et de Pise, sont des interlocuteurs privilégiés pour les comtes de Barcelone et les rois d’Aragon ; le terme « Occitanie » évoque en revanche surtout un ensemble géographique, culturel ou linguistique caractérisé par des structures sociales souvent comparables, le faire correspondre à une entité ou à un acteur politique unique relève soit de l’erreur, soit du manifeste visant à légitimer une aspiration contemporaine par l’invocation d’une unité perdue. Comme l’écrivait P. Bonnassie, il a bien existé des « Occitanies en puissances », d’éphémères Occitanies toulousaine, aquitaine et catalano-provençale, mais, « trop riches de potentialités, les comtés occitans sont restés désunis » (« L’Occitanie, un État manqué ? », Les sociétés de l’an mil. Un monde entre deux âges, 2001, pp. 483-499, ici p. 497). Dans ce contexte, on préférera donc la formulation moins ambiguë adoptée par P. Benito, qui envisage les « relations politiques entre les comtés catalans et les principautés occitanes » (p. 13).

Au terme d’une enquête bibliographique et archivistique collective menée en Espagne, en France et en Italie, les auteurs éditent de façon exemplaire 169 documents, tous rédigés en latin et parfois farcis de catalan ou d’occitan. Les inédits sont minoritaires (doc. 30, 38, 42, 50, 70, 116, 117, 153, 160, 161), mais de nombreuses pièces publiées dans des ouvrages difficilement accessibles ou ne satisfaisant plus aux critères actuels sont de la sorte mises à la disposition des chercheurs. La première livraison de ces acta diplomatica Cataloniae se distingue par une typologie documentaire variée : serments de fidélité, hommages et promesses, cessions et reconnaissances de droits, actes de soumission et, de façon plus attendue, accords de pacification, contrats d’épousailles et traités de paix. Des événements décisifs, telle l’alliance en 1146 du comte Ramon Berenguer IV avec la commune de Gênes pour la conquête de Tortosa et des îles Baléares, apparaissent ainsi comme l’occasion d’un intense travail documentaire entre les parties. De manière générale, les traités et la phase finale des tractations occupent le devant de la scène, les « négociations diplomatiques » demeurant peu visibles. Ont été retrouvées une seule bulle pontificale et une seule lettre conservée en original – elle est adressée par le juge d’Arborea Bariso au comte de Barcelone – ; aucune instruction aux ambassadeurs n’a pu être exhumée. Pour une fois, le « paysage documentaire » catalan s’avère à cet égard comparable à celui de nombreux autres territoires occidentaux.

Accompagné de cartes et d’arbres généalogiques, ce riche corpus est mis en perspective par deux études préliminaires. P. Benito présente clairement « l’expansion territoriale outre-Pyrénées de Barcelone » et les relations complexes entre de nombreux protagonistes (rois, comtes, vicomtes, etc.) qui recourent fréquemment à l’écrit, comme en témoignent les abondantes convenientiae de la période. Cette synthèse bien informée est organisée en grandes phases classiques : « l’achat » de Carcassonne et du Razès au fondement des droits seigneuriaux barcelonais en pays d’oc, la « grande guerre occitane » opposant les comtes catalans et toulousains, la construction par Alphonse le Chaste d’un « empire » (défense convaincante de l’usage modéré du terme, p. 81, note 343) au moment de l’extension du conflit aux royaumes capétien et plantagenêt, le projet puis l’échec de l’unification de l’Occitanie sous Pierre II. Les lecteurs trouveront là une approche événementielle pouvant servir de complément à des travaux classiques ou en passe de le devenir sur l’histoire des pouvoirs dans le Languedoc et la Catalogne des xie-xiie siècles (voir notamment les ouvrages de M. Aurell, M. Alvira Cabrer, P. Bonnassie, H. Débax, A. Kosto, L. Macé, D. Smith et M. Zimmermann). Plus succinct, le chapitre de M. T. Ferrer consacré aux relations avec les États italiens fait le point sur la succession des alliances et des traités en lien étroit avec la documentation publiée en annexe.

Même dépourvu d’indices (probablement renvoyés à un volume ultérieur), l’ouvrage constitue donc d’ores et déjà un outil extrêmement utile pour les historiens. Sa portée aurait toutefois certainement été accrue par une réflexion plus approfondie sur la typologie documentaire. Si l’on excepte les indications très précises (pp. 15-18) de P. Benito sur un sujet qui ne constitue pas le cœur de sa contribution, cette dimension est en effet largement absente. D’où un décalage entre les travaux récents de diplomatique et l’affirmation non justifiée selon laquelle les « traités internationaux » commenceraient au xiie siècle à revêtir « une forme plus ou moins moderne » (introduction, p. 10), alors même que la « modernité » paraît en ce cas un critère vague et peu pertinent. Au-delà des quelques remarques formulées ici, reste néanmoins l’essentiel : un chantier éditorial ambitieux et de longue haleine, dont il faut espérer que les prochains volumes paraîtront dans des délais raisonnables.