You are here: Home / Reviews / Journals / Mélanges de la Casa de Velázquez / 42 (2012) / 2 / Del Nilo al Ebro
Social Media Buttons fb twitter twitter twitter
  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Author (review)
      • Nef, Annliese
      Language (review)
      Français
      Language (monograph)
      Español, Français, Italiano, Português
      Editor (monograph)
      • García Moreno, Luis A.
      • Viguera Molins, María Jesús
      Title
      Del Nilo al Ebro. Estudios sobre las fuentes de la conquista islámica
      Subtitle
      Estudios sobre las fuentes de la conquista islámica
      Year of publication
      2009
      Place of publication
      Alcala de Henares
      Publisher
      Universidad de Alcalá
      Number of pages
      266
      ISBN
      978-84-8138-858-9
      Subject classification
      History
      Time classification
      Middle Ages
      Regional classification
      Europe → Southern Europe → Spain, Africa → Egypt and Sudan
      Subject headings
      Islamisches Imperium
      Ägypten
      Geschichte 600-800
      Nordafrika
      Iberische Halbinsel
      Original source URL
      http://mcv.revues.org/4708
      recensio.net-ID
      b48031d142c6511efcf9a35a6b54fec3
      DOI
      10.15463/rec.1189732377
  • Citation rules

  • Terms of licence

    • This article may be downloaded and/or used within the private copying exemption. Any further use without permission of the rights owner shall be subject to legal licences (§§ 44a-63a UrhG / German Copyright Act).

Luis A. García Moreno / María Jesús Viguera Molins (eds.): Del Nilo al Ebro. Estudios sobre las fuentes de la conquista islámica (reviewed by Annliese Nef)

Cet ouvrage est le premier volume d’un projet quadriennal en cours financé par la Communauté Autonome de Madrid et intitulé « La expansión del Imperio árabe-islámico en el Norte de África y Occidente (siglos vii-viii) según las fuentes no islámicas ». Ce projet collectif prévoyait trois étapes comme le rappelle l’introduction : d’abord, la récolte et l’analyse de sources littéraires manuscrites non islamiques (entendre non musulmanes, nous y reviendrons) sur les conquêtes arabo-musulmanes depuis l’Égypte jusqu’à la péninsule Ibérique ; puis une enquête sur l’ethno-conscience et l’imaginaire des conquis devant cette progression et sur les processus d’ethno-genèse nés de la conquête ; et enfin, la confrontation des résultats atteints avec la présentation classique de ces conquêtes établie le plus souvent à partir des sources arabo-musulmanes postérieures. Cette publication se situe donc dans le cadre de la première phase.

De manière générale, et en dépit de l’intérêt des zones retenues (Égypte, Maghreb et péninsule Ibérique), on peut regretter qu’un tel projet, dont l’approche basée sur la comparaison devrait permettre de dépasser la dimension très régionale des études sur la conquête islamique afin de dégager des logiques communes ou des spécificités régionales, débouche sur un ouvrage dont sont totalement absentes les réflexions à cheval sur plusieurs espaces ou simplement les références aux autres régions considérées, ne serait-ce que sous forme de conclusion. En outre, si la publication rapide de ces actes doit être saluée, la relative hétérogénéité formelle du volume n’est guère satisfaisante : s’y alternent des articles-catalogues (articles de S. Abboud, R. González Salinero, M. J. Viguera Molins et Ch. Mazzoli-Guintard) et d’autres plus aboutis (voir leur discussion infra). Sur le fond également, l’hétérogénéité prédomine et suggère qu’a manqué un questionnement élaboré en commun. En outre, on peine à comprendre pourquoi les textes musulmans ne sont véritablement abordés que lorsqu’il s’agit d’al-Andalus, trois articles leur étant alors entièrement consacrés (M. J. Viguera Molins, « 22 crónicas arabes sobre la expansión por al-Andalus », pp. 209-228 ; Antonio Rei, « A Crónica do Mouro Rasis : repositório do programa almóada de reconquista », pp. 229-243, dont le texte n’a en outre qu’un rapport éloigné avec le thème général ; Ch. Mazzoli-Guintard, « La expansión islámica en la Peninsula ibérica : los datos de al-Himyarī », pp. 245-266).

L’idée de réévaluer l’apport des sources non musulmanes (plutôt que non islamiques dans la mesure où les textes rédigés dans un contexte islamique par les représentants de minorités religieuses non musulmanes peuvent être qualifiés d’islamiques ; la différence entre Islam et islam que font les auteurs français serait ici utile) est intéressante, mais les étudier seules ne l’est guère, comme le rappelle Y. Modéran dans sa contribution (p. 163). On notera d’ailleurs que l’article de E. Motos et J. Soto sur l’Égypte convoque régulièrement les textes arabo-musulmans. Par ailleurs, le fait d’exclure dans quasiment toutes les communications (la seule véritable exception est à nouveau l’article de Y. Modéran) les sources non littéraires est du point de vue de la méthodologie historique tout à fait discutable, d’autant que le projet prévoyait leur prise en compte. Sans même parler d’archéologie, de numismatique ou d’épigraphie, essentielles faute de sources narratives abondantes contemporaines des événements considérés, voire en l’absence de ces dernières, négliger à ce point les papyrus lorsque l’on évoque l’Égypte aurait mérité au moins une explication.

L’article de J. Soto Chica et E. Motos Guirao, « Guerra, sociedad, economía y cultura en las Alejandría y en el Egipto disputados por bizantinos, persas y árabes. 602-642 », pp. 11-51, avance l’idée que les sources (strictement) littéraires non musulmanes mettent en lumière le rôle joué par les Coptes dans le succès de la conquête islamique de l’Égypte. Pour vraiment convaincre, les auteurs auraient dû abandonner un ton polémique injustifié et dont la cible n’est pas toujours claire, préciser systématiquement les sources sur lesquelles ils s’appuient et montrer une maîtrise majeure de la bibliographie sur le sujet d’autant qu’elle est aujourd’hui exponentielle.

La partie la plus intéressante de l’ouvrage concerne certainement l’Africa. Ch. O. Tommasi Moreschini, dans « L’Africa tra Bizantini e arabi. La prospettiva storico-letteraria », pp. 93-115, reprend le dossier de l’évolution de la région jusqu’à la conquête en s’interrogeant notamment sur la diminution drastique de sources à partir de la deuxième moitié du vie siècle. Elle montre que la conquête fut facilitée par une série de facteurs convergents, au sein desquels le peu d’intérêt de Byzance pour l’Africa joue un rôle majeur.

La contribution de Y. Modéran, « Le dossier des sources non musulmanes sur l’exarque Grégoire et l’expédition arabe en Ifrîqiyya en 647-648 », pp. 141-178, montre avec rigueur et systématicité tout l’intérêt du dossier qui éclaire l’expédition islamique de 647-648 en Ifrīqiya et la mort du Patrice Grégoire, même si l’auteur laisse de côté volontairement l’archéologie, hormis celle de Sbeïtla (mais ni la numismatique, ni la sigillographie, ni l’épigraphie). Il illustre à quel point l’information circulait entre les chroniqueurs quelle que soit leur religion, mais aussi oralement, et suggère de manière convaincante que la région fait son retour dans les sources y compris non musulmanes à partir du moment où les Arabo-musulmans s’y intéressent, précisément pour cette raison. Enfin, les sources sont synthétisées en annexe de manière fort utile.

L. A. Garcia Moreno, dans « Fuentes no islámicas de la invasión y conquista de España por el imperio árabe-islámico », pp. 181-207, se penche sur les sources non musulmanes de la conquête islamique de la péninsule Ibérique, injustement délaissées selon lui. Ce faisant, et après une présentation générale des textes disponibles, il se concentre sur l’anecdote de la fille de Julien et montre que deux courants historiographiques sont à distinguer : un extérieur à la péninsule Ibérique qui attribue à Rodéric le méfait commis contre cette dernière, l’autre andalusi qui l’attribue à son prédécesseur sur le trône, Wittiza. L’auteur remet néanmoins à une seconde étape l’étude du contexte de la naissance de ces récits et des motivations de chacun.

En dépit de l’intérêt du projet, cette publication laisse donc un peu le lecteur sur sa faim et l’on attendra avec d’autant plus de curiosité la suite des ouvrages annoncés.