You are here: Home / Reviews / Journals / Mélanges de la Casa de Velázquez / 42 (2012) / 2 / Regenerar España y Marruecos
Social Media Buttons fb twitter twitter twitter
  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Author (review)
      • Aziza, Mimoun
      Language (review)
      Français
      Language (monograph)
      Español
      Editor (monograph)
      • Martinez Antonio, Francisco Javier
      • González González, Irene
      Title
      Regenerar España y Marruecos. Ciencia y educación en las relaciones hispano-marroquíes a finales del siglo xix
      Subtitle
      Ciencia y educación en las relaciones hispano-marroquíes a finales del siglo xix
      Year of publication
      2011
      Place of publication
      Madrid
      Publisher
      Consejo Superior de Investigaciones Científicas
      Number of pages
      496
      ISBN
      978-84-00-09361-7
      Subject classification
      History of education
      Time classification
      Modern age until 1900 → 19th century
      Regional classification
      Europe → Southern Europe → Spain, Africa → Morocco
      Subject headings
      Bildungspolitik
      Spanien
      Marokko
      Geschichte 1860-1910
      Aufsatzsammlung
      Original source URL
      http://mcv.revues.org/4748
      recensio.net-ID
      3748271ceccce2f65767beafbfa7fe9d
      DOI
      10.15463/rec.1189732388
  • Citation rules

  • Terms of licence

    • This article may be downloaded and/or used within the private copying exemption. Any further use without permission of the rights owner shall be subject to legal licences (§§ 44a-63a UrhG / German Copyright Act).

Francisco Javier Martinez Antonio / Irene González González (eds.): Regenerar España y Marruecos. Ciencia y educación en las relaciones hispano-marroquíes a finales del siglo xix (reviewed by Mimoun Aziza)

Un ouvrage intéressant vient de s’ajouter à la bibliographie espagnole sur le Maroc, intitulé « Regenerar España y Marruecos. Ciencia y educación en las relaciones hispano-marroquíes a finales del siglo xix». C’est le troisième ouvrage collectif publié par la collection de « Estudios Árabes e Islámicos» du Conseil supérieur de recherches scientifiques à Madrid. C’est une somme de contributions traitant essentiellement la dernière période du xixe siècle en Espagne et au Maroc ; il s’agit d’une phase importante dans les relations des deux pays voisins. Les deux coordinateurs de l’ouvrage sont d’éminents spécialistes : Francisco Javier Martínez Antonio, historien en sciences et spécialiste reconnu sur les questions de la médecine, de la santé et des maladies dans les relations hispano-marocaines durant les xixe et xxe siècles ; et Irene González González, historienne spécialiste des questions de l’éducation et de l’enseignement dans la zone du Protectorat espagnol au Maroc.

Les contributions portent sur des domaines nouveaux qui n’ont pas encore attiré l’attention de nombreux chercheurs. Il s’agit de la place et du rôle de l’éducation et de la science dans l’action coloniale espagnole au Maroc. L’importance de ce thème est d’ailleurs l’une des raisons qui ont motivé les éditeurs à concevoir cet ouvrage.

Comme l’expliquent parfaitement les coordinateurs, l’ouvrage propose un nouveau regard sur les idéologies, les pratiques et les acteurs de l’africanisme espagnol dans la première phase de la Restauration. Il a le mérite d’être le premier livre consacré à ce thème et permet d’ouvrir de nouvelles pistes de recherches. Jusque-là, la recherche espagnole sur les relations hispano-marocaines s’intéressait principalement à des thèmes politiques, diplomatiques et militaires relatifs à l’époque coloniale. Celle-ci, comme on le sait, occupe la part du lion dans la production historiographique espagnole et marocaine.

L’ouvrage est innovant sur plusieurs plans. D’abord par son approche pluridisciplinaire car, en plus des historiens, l’apport des politologues, des archivistes, des géographes et des arabisants est d’une importance éminente. Ensuite, par la thématique abordée, puisque c’est la première fois qu’on aborde d’une manière approfondie le rôle de la science et de l’éducation dans les relations hispano-marocaines. L’ouvrage vient combler une lacune en matière de recherche sur le rôle de la science et de l’éducation dans le processus de modernisation en Espagne comme au Maroc.

Cependant, nous regrettons la faible participation des historiens marocains. En effet, une seule contribution de Youssef Akmir traite de la question du processus de modernisation au Maroc à la fin du xixe siècle. L’implication des historiens marocains aurait éventuellement pu compléter l’analyse faite par leurs collègues ibériques basée essentiellement sur les sources espagnoles. Il convient aussi de signaler que les sources marocaines relatives à cette période sont assez riches, et les travaux des historiens marocains concernant le xixe siècle dépassent de loin les études consacrées à la période du Protectorat par exemple.

En plus de l’introduction, l’ouvrage comprend seize articles répartis autour de trois axes. L’introduction aborde la question générale de la modernisation en Espagne et au Maroc et son lien avec le modèle colonial élaboré pour Cuba au cours de la deuxième moitié du xixe siècle. Un bilan de la recherche historique sur le Maroc y est présenté également.

Le premier axe intitulé « Régénération hispanique, réformes marocaines » situe cette question dans son contexte espagnol, marocain et international. La question de la réforme au Maroc est mise en lien avec la renaissance culturelle dans le monde arabe connue sous le nom de « Nahda » (Azaola Piazza et Hernando de Larramendi). Martín Corrales aborde la participation de quelques secteurs de la société catalane à l’expansion coloniale en Afrique et plus particulièrement au Maroc. Tambuirini et Albert Salueña analysent les réformes militaires au Maroc et l’aide apportée par l’Espagne et l’Italie dans ce domaine. Ferrera Cuesta met en lumière un personnage important du mouvement « réformiste » espagnol, il s’agit de Segismundo Moret.

Dans le deuxième axe intitulé « Éducation, langue et culture », González González analyse minutieusement la question de la politique éducative espagnole dans le nord du Maroc. L’Espagne a fourni d’énormes efforts afin d’introduire les écoles espagnoles au Maroc. Jusqu’à la fin du xixe siècle, la création des écoles se faisait grâce à des initiatives privées, cependant, à partir du début du xxe siècle, l’État espagnol intervient directement en créant des « écoles hispano-arabes », imitant en cela le système éducatif instauré par la France en Algérie. La question de l’apprentissage de la langue arabe comme moyen de communication avec les Marocains est décortiquée par Manuela Marín. Bernabé López García, quant à lui, démontre d’une manière explicite l’implication des arabisants espagnols dans les affaires du Maroc au début du xxe siècle, à travers l’étude d’un cas particulier qui est celui de Julian Ribero. L’étude de María Rosa de Madariaga nous renvoie à l’importance que revêt l’éducation pour l’élite du Maroc du Nord, à travers un cas très significatif qui est celui de M’Hammed Ben Abd-el-Krim El Jattabi. Ce dernier a en effet bénéficié d’une bourse de l’État espagnol afin de suivre des études dans la péninsule Ibérique.

Le troisième axe porte sur le thème : science, technologie et médecine. Il regroupe des études relatives à des institutions et des personnages représentatifs de l’africanisme espagnol de la Restauration. Leur action s’est matérialisée dans des champs comme la science, la technologie et la médecine. Les textes de Luis Urteaga et José Luis Villanova mettent en relief le rôle joué par la géographie et la cartographie dans l’action coloniale espagnole au Maroc. Quant à José Luis Barceló, il analyse la personnalité et le parcours de Celestino García Fernández, médecin espagnol installé à Ceuta et qui vit partagé entre deux mondes : le Maroc et l’Espagne. Une analyse de l’expérience de l’africanisme dans le panorama culturel espagnol est présentée par Cañete Jiménez. Marchán Gustems passe en revue le projet colonial de Joaquín Costa au Maroc, fondé sur l’importance des relations commerciales et sur la migration espagnole vers le Maroc.

L’ouvrage constitue une contribution fondamentale pour l’analyse de la question de la réforme dans les deux pays. Il est à notre sens incontournable pour mieux comprendre l’histoire des relations hispano-marocaines dans le dernier quart du xixe siècle.