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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Author (Review)
      • Menjot, Denis
      Language (Review)
      Français
      Language (Monograph)
      Español
      Author (Monograph)
      • Sesma Muñoz, José Ángel
      Title
      El tráfico mercantil por las aduanas de Ribagorza (1444-1450)
      Subtitle
      Producción y comercio rural en Aragón a final de la Edad Media
      Year of publication
      2010
      Place of publication
      Saragosse
      Publisher
      Prensas Universitarias de Zaragoza
      Number of pages
      399
      ISBN
      978-84-92522-19-4
      Subject classification
      Auxiliary sciences of history, Legal History, Local History, Social and Cultural History, Economic History
      Time classification
      Middle Ages → 15th century
      Regional classification
      Europe → Southern Europe → Spain
      Subject headings
      Aragón <Königreich>
      Ribagorza <Grafschaft>
      Handel
      Import
      Export
      Wirtschaftsraum
      Zollregister
      Quellensammlung
      Original source URL
      http://mcv.revues.org/5040
      recensio-Date
      May 27, 2013
      recensio-ID
      593de3610e5344339b683f719f719be5
      DOI
      10.15463/rec.1189735179
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José Ángel Sesma Muñoz: El tráfico mercantil por las aduanas de Ribagorza (1444-1450). Producción y comercio rural en Aragón a final de la Edad Media (reviewed by Denis Menjot)

José Ángel Sesma Muñoz, El tráfico mercantil por las aduanas de Ribagorza (1444-1450). Producción y comercio rural en Aragón a final de la Edad Media, Saragosse, Prensas Universitarias de Zaragoza, 2010, 399 p.

À partir de la seconde moitié du xiiie siècle, la nécessité de se procurer des ressources nouvelles, le désir d’affermir les limites de la souveraineté et la volonté d’intervenir dans l’économie dans le but de protéger les richesses « nationales » conduisirent les monarchies européennes à contrôler et imposer le commerce extérieur. Elles élaborèrent progressivement, et à des rythmes différents, des systèmes douaniers plus ou moins complexes, efficaces et rentables. Ces systèmes, suivant les régions et les époques, privilégiaient les intérêts financiers de la monarchie ou ceux, économiques, du pays, intérêts qui pouvaient coïncider ou diverger.

La couronne d’Aragon ne fait pas exception car les Corts Generales de Monzón de 1362-1363 instaurèrent l’impôt des generalidades, qui se composait d’un prélèvement sur la production, la commercialisation et la circulation des textiles, et d’une taxe de caractère douanier ad valorem exigé sur toutes les marchandises qui sortaient du territoire quel que soit leur propriétaire. Au moment de sa création, la taxe douanière était prélevée aux frontières de la couronne, délimitant ainsi un espace économique commun ; mais à partir de 1364-1365, chaque territoire de la couronne (Aragon, Catalogne, Majorque et Valence) percevait ses propres generalidades, qui étaient administrées par la délégation permanente des Corts, le General (d’où leur nom). Impôt extraordinaire à l’origine, les generalidades devinrent ordinaires de fait quand le General gagea sur eux le paiement des intérêts des titres de la dette publique qu’il commença à émettre avant la fin du xive siècle pour payer les subsides accordés au souverain par les Corts. Dans le même temps, les generalidades furent étendues aux produits importés.

Aux archives du royaume d’Aragon est conservée une série de plus de 200 « Livres des tables » du General d’Aragon pour les années 1444-1450. Dans cette série, 25 registres concernent les douanes de la Ribagorza ; ils font l’objet de cette édition (pp. 25-355). La Ribagorza est un petit territoire de 2 500 km2, essentiellement rural — il ne compte que cinq petites villes et une soixantaine de villages et de hameaux — constitué en comté par Jacques II en 1322, situé à l’extrémité nord-orientale du royaume d’Aragon, au pied des Pyrénées et coincé entre la Catalogne, la Navarre et les comtés méridionaux du royaume de France, régions entre lesquelles il constitue un espace de transit stratégique.

La documentation normative, généralement seule conservée, fait connaître les tarifs douaniers fixés par les autorités, les modalités de perception, les mécanismes de contrôle et le réseau de postes de douanes mis en place aux frontières. Mais l’activité des différents postes de douanes, et à travers elle les échanges commerciaux entre les différents territoires, nous échappe. C’est tout l’intérêt de la publication de ces « Livres des tables » du General d’Aragon qui relatent l’activité quotidienne dans huit postes de douane sur les onze établis aux frontières par les Corts d’Aragon pour percevoir l’impôt des generalidades.

Il s’agit de cahiers assez bien conservés pour la plupart, comprenant de quelques folios à plusieurs centaines, de lecture difficile pour avoir été écrits par les collecteurs souvent dans des localités où l’écriture était une pratique peu courante et qui enregistraient à l’oreille la déclaration de gens de la région mais aussi en provenance de contrées plus éloignées dont les parlers comportaient des particularités et qui étaient pressés de continuer leur chemin.

Ces livres de compte suivent un modèle établi par les fermiers — dans ces années-là, une société de deux hommes d’affaires importants de Saragosse — et les députés du General, chargés de réviser et de vérifier les comptes avant de les déposer dans les archives.

Sur chaque cahier sont notées les activités des postes de douanes au cours d’un exercice comptable qui s’étendait du 25 août au 24 août de l’année suivante. Elles étaient enregistrées chronologiquement et quelquefois — mais pas systématiquement — regroupées en entrées (importations) et sorties (exportations). Pour chacune figure en premier lieu la date (mois et jour), puis le nom du propriétaire ou du transporteur et le sens de son itinéraire (entrée, sortie ou traversée du royaume), et enfin, toutes les marchandises déclarées avec la mention pour chacune d’elles de la quantité et du prix, puis de la valeur totale et du montant de la taxe payée, notée dans la marge droite dans une colonne au bas de laquelle figure une somme. Les livres s’achèvent par le bilan de l’exercice, déduction faite des frais de gestion.

Ces 25 registres de douanes de Ribagorza sont édités dans l’ordre alphabétique des lieux dans lesquels étaient installées les tables. L’édition se veut complète et inclut les registres incomplets et les folios de lecture incertaine. La transcription respecte les graphies et la présentation, signale la foliotation et développe les abréviations, et conserve jusqu’aux erreurs graphiques avérées parce que J. Á. Sesma Muñoz pense, à juste titre, qu’elles peuvent être utiles aux historiens de la langue. L’édition est accompagnée des indispensables index des personnes et des marchandises.

Dans une brève mais dense introduction de 19 pages, J. Á. Sesma Muñoz présente de façon sommaire et analytique quelques aspects de la question. Il aborde successivement la Ribagorza dans le commerce extérieur de l’Aragon et dans le système de douanes du royaume — en remontant aux tarifs douaniers décidés par les seigneurs et la monarchie depuis la fin du xiiie siècle —, le trafic des marchandises, le commerce des produits textiles, le profil professionnel d’un marchand régional Jaume Tura, les activités proches du grand commerce. Pour finir, il présente en quelques lignes l’édition des registres.

Le produit des échanges apparaît bien modeste avec de fortes oscillations annuelles qui pouvaient atteindre jusqu’à 60 %. Les marchandises étaient d’une grande diversité et de peu de valeur, adaptées au monde rural qui les produisait et les consommait, tout comme les personnes qui commerçaient parmi lesquelles, une majorité de paysans de la région, qui ne se livraient qu’occasionnellement à cette activité.

Trois produits dominaient largement les échanges : la laine et les céréales à l’exportation, et l’huile, aussi bien à l’importation qu’à l’exportation, ce qui définit bien le rôle d’intermédiaire joué par les petits commerçants de Ribagorza. S’exportaient aussi des produits textiles : draps grossiers, vêtements, linge de maison, fabriqués dans la région avec la laine locale, ce qui démontre, même s’ils n’avaient pas grande importance, que la population locale avait su développer une industrie drapière spécifique qui dépassait les besoins locaux et attirait l’attention de marchands professionnels. Quant au grand commerce qui ne passait presque que par la douane de Benasque, il portait sur des draps de Saint-Girons et de Pamiers et sur le pastel, transportés par des marchands d’Aragon, de Catalogne et de Gascogne.

Cette publication constitue avant tout une belle édition faite dans les règles de l’art et qui s’inscrit dans un vaste projet d’éditions de sources fiscales et comptables du royaume d’Aragon. Elle met à la disposition des chercheurs un matériel inédit essentiel sur le commerce et la fiscalité douanière en Ribargoza. On ne peut que souhaiter que cette entreprise soit menée à son terme pour permettre d’étudier le mouvement commercial dans le royaume d’Aragon.