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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Author (review)
      • Gasc, Sébastien
      Language (review)
      Français
      Language (monograph)
      Español
      Author (monograph)
      • Martín Escudero, Fátima
      Title
      Las monedas de al-Andalus. De actividad ilustrada a disciplina científica
      Subtitle
      De actividad ilustrada a disciplina científica
      Year of publication
      2011
      Place of publication
      Madrid
      Publisher
      Real Academia de la Historia
      Number of pages
      385
      ISBN
      84-7959-096-3
      Subject classification
      Auxiliary sciences of history, Social and Cultural History
      Time classification
      Middle Ages → 6th - 12th century
      Regional classification
      Europe → Southern Europe → Spain
      Subject headings
      Kalifat von Córdoba / Münzfunde
      Numismatik
      Sphragistik
      Andalusien
      Araber
      Quellen
      Original source URL
      http://mcv.revues.org/5023
      recensio.net-ID
      59c4e20db3174557b97073528d8b489d
      DOI
      10.15463/rec.1189728257
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Fátima Martín Escudero: Las monedas de al-Andalus. De actividad ilustrada a disciplina científica (reviewed by Sébastien Gasc)

Fátima Martín Escudero, Las monedas de al-Andalus. De actividad ilustrada a disciplina científica, Madrid, Real Academia de la Historia, 2011, 385 p. + CD

Après plusieurs études relatives aux monnaies d’al-Andalus, notamment au trésor de dirhams découvert à Baena, Fátima Martín Escudero avait consacré une thèse doctorale à l’analyse des études numismatiques en Espagne aux xviiie et xixe siècles. Cette thèse (« La Numismática andalusí: génesis y desarrollo de una disciplina [siglos xviii y xix] »), menée sous la direction du professeur Alberto Canto García et soutenue en 2007, a donné lieu à cet ouvrage publié dans la riche collection numismatique de la Real Academia de la Historia. L’objectif est clairement exprimé dans le titre et l’introduction : revenir sur l’intérêt suscité par les monnaies arabes d’Espagne et, de manière plus générale, sur les différentes vagues historiographiques ayant permis le développement de son étude du xviiie siècle au très prolifique xixe siècle. Cette approche s’inscrit parfaitement dans le prolongement d’une série de rééditions d’ouvrages, commencée dès les années 1980, tels que ceux de Francisco Codera y Zaidín ou d’Antonio Delgado y Hernández à l’initiative notamment d’Alberto Canto García et Tawfîq Ibrahim, représentatifs de l’engouement des numismates actuels pour les travaux fondateurs de cette discipline.

L’ouvrage comprend 387 pages imprimées et un très utile CD annexe de plus de 1 000 pages numérisées reprenant les manuscrits de plusieurs bibliothèques et institutions possédant des collections de monnaies arabo-andalouses. Il faut souligner la présence d’un index onomastique facilitant les recherches dans cet imposant ouvrage.

L’analyse proposée, bien loin d’une simple énumération des travaux réalisés sur la période étudiée, cherche à dresser un bilan détaillé des contextes culturels et des découvertes monétaires qui ont permis le développement de ces études. Ainsi, dans un cadre général, le « resurgissement » de l’arabisme est mis en avant dans un premier chapitre (« ¿resurgir del arabismo? », pp. 25-53). Si les travaux antérieurs au xviie siècle sont d’abord évoqués, il en ressort que l’intérêt pour la langue arabe se développa particulièrement aux xviiie et xixe siècles, favorisé par le courant culturel du romantisme en vogue en Europe. L’ouverture de chaires universitaires d’arabe au milieu du xixe siècle à Madrid et Séville en est une parfaite illustration.

Parmi les premiers travaux de numismatique, il convient de mettre en avant ceux réalisés par la Real Academia de la Historia comme le projet d’étude des médailles arabes en 1769 puis par des institutions étrangères, telle que la Bibliothèque nationale de France même si, comme cela est précisé plus loin, les monnaies arabes ont longtemps été délaissées par les collectionneurs français (p. 308). Si le développement institutionnel, favorisé notamment par la politique menée par les Bourbons, caractérise ce xviiie siècle, il ne faut oublier les travaux dus à « quelques érudits » (p. 56), indissociables des avancées de la discipline. L’auteur propose également une révision des découvertes du xviiie siècle, chacune d’entre elles contribuant grandement aux connaissances des monnaies. Parmi celles-ci, celle de l’Alhambra (pp. 119-120) est caractéristique de la démarche de l’auteur : alors que les premières descriptions (1755) semblent erronées, Fátima Martín Escudero présente, vraisemblablement à raison, plusieurs découvertes plutôt qu’un seul ensemble thésaurisé.

Deux périodes tout à fait distinctes sont définies pour le xixe siècle. La première moitié de celui-ci est décrite comme peu propice aux travaux institutionnels, ce que l’auteur explique, en accord avec Bartolomé Mora Serrano et Terence Volk, par une crise politique et sociale enrayant les progrès culturels et scientifiques (p. 137). La seconde moitié du xixe siècle est, pour sa part, présentée comme la période de « culminación » des études numismatiques arabo-andalouses. Parmi les chercheurs alors cités figurent Francisco Codera y Zaidín et, surtout, Antonio Delgado Hernández, considéré par le premier comme le fondateur de la science numismatique en Espagne.

L’étude minutieuse des travaux ayant contribué au développement de la numismatique arabo-andalouse, accompagnée en annexe d’une biographie des chercheurs mentionnés, éclaire le paysage de ce champ de recherche dont, comme le souligne Alberto Canto García dans le prologue, la perception que nous en avons sera marquée par ce travail. Si la période étudiée met en avant les travaux du xixe siècle, précisons que l’engouement pour les monnaies arabo-andalouses a bel et bien perduré, de par les travaux anglo-saxons de la première moitié du xxe siècle, en particulier John Walker et George Carpenter Miles. Depuis les années 1980, un grand nombre de travaux a également été publié en Espagne, marquant une nouvelle période faste de la numismatique arabo-andalouse à laquelle Fatima Martín Escudero peut sans nul doute être associée.

Au-delà de l’apport historiographique évident de cet ouvrage, le travail effectué par l’auteur doit être souligné pour les mentions de découvertes monétaires, reprises méthodiquement, donnant lieu à des corrections lorsque cela est nécessaire et offrant, grâce aux annexes, une traçabilité des monnaies d’une grande partie des collections espagnoles.