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  • Metadaten

    • Dokumenttyp
      Rezension (Monographie)
      Zeitschrift
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Autor (Rezension)
      • Charageat, Martine
      Sprache (Rezension)
      Français
      Sprache (Monographie)
      Español
      Autor (Monographie)
      • Martin, Georges
      Titel
      Mujeres y poderes en la España medieval
      Untertitel
      Cinco estudios
      Erscheinungsjahr
      2011
      Erscheinungsort
      Alcalá de Henares
      Verlag
      Centro de Estudios Cervantinos
      Reihe
      Colección Historia y literatura
      Reihennummer
      3
      Umfang
      187
      ISBN
      9788496408814
      Thematische Klassifikation
      Geschlechtergeschichte, Sozial- und Kulturgeschichte
      Zeitliche Klassifikation
      Mittelalter → 6. - 12. Jh., Mittelalter → 13. Jh.
      Regionale Klassifikation
      Europa → Südeuropa → Spanien
      Schlagwörter
      Frau
      Macht
      Original URL
      http://mcv.revues.org/5658
      recensio.net-ID
      694c60b15e614219915d4769dce60a72
      DOI
      10.15463/rec.1189722448
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Georges Martin: Mujeres y poderes en la España medieval. Cinco estudios (rezensiert von Martine Charageat)

Georges Martin, Mujeres y poderes en la España medieval: cinco estudios, Alcalá de Henares, Centro de Estudios Cervantinos, coll. «Historia y Literatura» (3), 2011, 187 p.

Comme l’indique l’auteur en introduction, le livre est composé de cinq études écrites entre 2006 et 2010. Une partie des textes publiés ici est d’ailleurs accessible en ligne depuis 2006, dans différents numéros de la revue électronique e-spania. L’objet de cet ouvrage porte sur des femmes ayant vécu l’expérience du gouvernement et du pouvoir. Toujours dans l’introduction, G. Martin explicite le fil conducteur qui sous-tend la sélection des différentes femmes réunies ici : l’analyse de leur place et de leur impact dans l’action de gouverner. La proximité avec la royauté est leur dénominateur commun.

L’auteur a fait le choix de l’optimisme historiographique en dépassant l’effet en trompe-l’œil qu’offrent les sources documentaires et les chroniques qui placent toujours les sœurs, les femmes, les mères ou les filles de roi en arrière-plan. G. Martin préfère questionner de façon valorisante tout ce qui met en exergue les actes politiques de ces femmes, au-delà du champ d’action qui leur est traditionnellement reconnu en terme de pouvoir, à savoir le domaine spirituel, l’administration des lignages ou leur fonction d’intermédiaire dans le choix des alliances ou la négociation de la paix. L’action politique des femmes amenées à côtoyer voire à exercer le pouvoir, directement ou indirectement, seule ou en association avec le monarque légitime, est cruciale, particulièrement dans les périodes de crise, même si l’information à leur propos est souvent indiciaire. L’auteur travaille habilement en combinant les sources documentaires, en comparant les diplômes royaux qui portent la signature de ces femmes et ceux où elle n’apparaît pas, et le point de vue des chroniqueurs. Les chroniques utilisées sont, pour les femmes de la fin du xie et du début du xiie siècle, la Cronica de Don Pelayo et la Historia Silense, tandis que pour les femmes de la première moitié du xiiie siècle, il a recours à celles de Luc de Tuy (Chronicon Mundi), Jean D’Osma (Chronica regum Castellae) et Rodrigue de Tolède (Historia de rebus Hispaniae).

Les femmes rassemblées et étudiées par G. Martin sont Elvire (†1099), Urraca (†1101), les femmes de l’entourage d’Alphonse VI (†1109) et Bérengère de Castille (1214-1246). Les unes sont infantes comme Elvire, fille de Ferdinand Ier et sœur d’Alphonse VI de Léon et Castille, d’autres sont régentes ou reines héritières comme Bérengère, la mère de Ferdinand III, enfin il faut compter avec les épouses et les concubines. Les échelles d’analyse appliquées au pouvoir des femmes se partagent entre le territoire de l’infantazgo, un royaume entier, et même au-delà dans la sphère des relations internationales lorsque Bérengère négocie avec l’empereur Frédéric II, ou encore avec Jean de Brienne, roi de Jérusalem et futur empereur de Constantinople. Elle réussit à lui faire épouser une de ses filles à elle et non pas une de son « ex »-mari et de sa deuxième épouse portugaise.

Le cas d’Elvire permet d’aborder la question du pouvoir au féminin à travers l’institution de l’infantazgo, qui caractérise les filles de roi destinées à rester célibataires tout en étant placées à la tête d’un ensemble de biens. Ici, Elvire est à la tête de plusieurs monastères concédés par son père et qu’elle administre assez librement. L’étude de son testament (1099) permet d’apprécier l’ampleur de l’autorité qu’elle a détenu sur ces biens et sur leur devenir, et sur ce qu’a été le quotidien de l’activité seigneuriale qu’elle a exercée en tant que femme, fille de roi. Plus encore, l’infantat est une base territoriale et structurelle à partir de laquelle sa sœur (Urraca) et elle-même ont pu exercer une force d’opposition ou de résistance au roi lui-même, en particulier pour ce qui fut du passage au rite romain et l’implantation des clunisiens en Castille-Léon. La résistance est plus exactement du côté des terres de Léon et n’a rien de féminin au vu des partisans recensés. Mais dans la période de l’entente harmonieuse entre Alphonse VI d’un côté et les infantes de l’autre, l’auteur fait remarquer la forte influence que ces dernières exercent sur le premier sans tenir directement les rênes du gouvernement. Bérengère de Castille est particulièrement douée en matière d’influence tout en se positionnant en retrait, que ce soit comme régente de son frère Henri Ier ou comme reine à la mort de celui-ci, lorsqu’elle choisit de remettre la couronne à son fils aîné.

Par ailleurs la solidarité féminine est mise à mal par les enjeux du politique fait remarquer G. Martin, dans les relations entre sœurs et épouses des rois, entre mères et brus. Mais pourquoi les femmes devraient-elles être plus solidaires entre elles que les hommes dans l’exercice du pouvoir ? Et pourquoi devraient-elles être moins audacieuses ou moins engagées que leurs homologues masculins ? Elles s’impliquent avec force, pour favoriser un lignage (léonais pour Dona Sancha), pour éliminer un indésirable (Urraca aurait-elle pu organiser la disparition de son frère ?), préparer la réunion des couronnes de Castille et de Léon comme Bérengère de Castille l’a peut-être envisagé au profit de Ferdinand III.

Ce qui ressort de ce travail en cinq parties tient dans ce que la pratique du pouvoir, les réalités de la genèse de l’État moderne l’emportent sur une quelconque influence genérica ; parce que, pensera le lecteur, le pouvoir reste l’apanage des hommes et que toute incursion par qui que ce soit de non attendu ou de non désiré dans ce milieu passe par un processus d’adaptation davantage que par des innovations genrées ou non. Aussi retrouve-t-on des paramètres classiques de l’exercice du pouvoir : insertion dans un réseau d’alliés faits d’hommes parfois puissants et pas seulement de femmes ; gestion des guerres ou des conflits avec la noblesse ; choix de l’héritier ; interventions dans les relations internationales. On ne voit guère comme les femmes auraient pu exercer différemment le pouvoir ou l’influencer autrement que les hommes dès lors qu’elles insèrent leur action dans un réseau d’institutions mis en place ab initio par des hommes.

L’histoire du pouvoir des femmes en Castille-Léon entre le xie et le xiiie siècle est aussi celle de la construction d’une monarchie, de l’édification d’une dynastie royale, en particulier celle de Castille qui a eu pour ambition de s’élever au-dessus des autres, notamment vis-à-vis de la royauté léonnaise. Dans ce contexte, il en ressort encore une fois que le moteur de la réussite des femmes en politique réside, du point de vue des chroniques, dans l’exploitation de leur faiblesse naturelle, celle qui, par exemple, fait plier les vassaux rebelles sans leur causer déshonneur. Les chroniqueurs du xiiie siècle le montrent de façon plus ou moins valorisante à propos de Bérengère de Castille. La réputation de faiblesse des femmes est le secret de leur force. Et dans le meilleur des cas, le conseil d’hommes sages les a guidées.

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