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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Author (review)
      • Bernard, Gwladys
      Language (review)
      Français
      Language (monograph)
      Latin
      Editor (monograph)
      • Alföldy, Géza
      Title
      CIL: Corpus Inscriptionum latinarum. II : Inscriptiones Hispaniae Latinae, pars XIV : Conventus tarraconensis. Fasc. 2 : Colonia Iulia urbs triumphalis Tarraco (n° 815-1 199). Fasc. 3 : Colonia Iulia urbs triumphalis Tarraco (n° 1 200-1 890)
      Subtitle
      II : Inscriptiones Hispaniae Latinae, pars XIV : Conventus tarraconensis. Fasc. 2 : Colonia Iulia urbs triumphalis Tarraco (n° 815-1 199). Fasc. 3 : Colonia Iulia urbs triumphalis Tarraco (n° 1 200-1 890)
      Year of publication
      2012
      Place of publication
      Berlin
      Publisher
      De Gruyter
      Number of pages
      302; 324
      Subject classification
      Local History
      Time classification
      until 499 AD → 999 - 1 BC, until 499 AD → 1st - 5th century AD
      Regional classification
      Ancient World → Roman Empire
      Subject headings
      Hispania citerior
      Provinz
      Römisches Reich
      Original source URL
      http://mcv.revues.org/6825
      recensio.net-ID
      c9a59e5344494732a51a2cbca096b2f1
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Géza Alföldy (ed.): CIL: Corpus Inscriptionum latinarum. II : Inscriptiones Hispaniae Latinae, pars XIV : Conventus tarraconensis. Fasc. 2 : Colonia Iulia urbs triumphalis Tarraco (n° 815-1 199). Fasc. 3 : Colonia Iulia urbs triumphalis Tarraco (n° 1 200-1 890) (reviewed by Gwladys Bernard)

Ces deux volumes en langue latine consacrés aux inscriptions romaines de Tarragone sont les deux derniers ouvrages publiés par l’éminent épigraphiste d’Heidelberg Géza Alföldy, disparu en novembre 2011. Si le savant a signé tous les numéros de ce corpus, le deuxième tome a été achevé par une équipe d’amis et de collaborateurs, dont Juan Manuel Abascal Palazón, Marc Mayer Olivé et Armin U. Stylow. Cette somme considérable, qui rassemble 1 074 inscriptions (384 dans le premier tome, 690 dans le second), complète le volume CIL, II2/14, 1, paru en 1995, qui contenait les inscriptions de la partie méridionale du conventus Tarraconensis. Ces deux nouveaux volumes regroupent les inscriptions de la Colonia Iulia Vrbs Triumphalis Tarraco, la colonie de Tarragone fondée vers 45-44 av. J.-C., capitale de la province d’Hispanie Citérieure. Le premier volume (CIL, II2/14, inscr. n° 815-1 199) répertorie les dédicaces aux dieux et aux empereurs, les inscriptions consacrées aux sénateurs, aux chevaliers, aux militaires et au personnel impérial, ainsi que celles mentionnant les autorités provinciales (inscriptions du concilium d’Hispanie Citérieure, des flamines et flaminiques de la province). Le second volume (CIL, II2/14, inscr. n° 1 200-1 890) est plus disparate : il regroupe à la fois les inscriptions qui mentionnent les magistrats et le personnel de la colonie (magistrats, décurions, flamines municipaux, sévirs augustaux, esclaves publics), les inscriptions des collèges, les inscriptions remarquables par leur taille ou leurs caractéristiques monumentales (inscriptions en lettres dorées), les inscriptions des édifices de spectacle ainsi que les épitaphes « communes », qui représentent plus d’un quart du volume.

Géza Alföldy avait commencé en 1965 ses travaux sur Tarragone, sous la conduite de Hans-Georg Pflaum. Ses premiers séjours à Tarragone convainquirent le jeune épigraphiste de publier de façon systématique les nombreuses inscriptions d’époque romaine retrouvées à Tarragone et dans sa région. Un recueil en allemand paraît en 1975, les Römischen Inschriften von Tarraco, qui comprend également 1 080 inscriptions. Ces deux récents volumes, parus trente ans après le premier corpus, comptent en fait assez peu d’inscriptions nouvelles : dans le premier tome ne figure aucun inédit, juste quelques inscriptions révisées, dans la lecture ou le commentaire (voir AE, 2011, 591 pour le détail) ; dans le second tome figurent seulement onze inscriptions inédites, en majorité des épitaphes fragmentaires trouvées lors de travaux d’urbanisme récents (CIL, II2/14, 1208 ; 1229a ; 1291 ; 1362 ; 1493 ; 1497a ; 1509 ; 1571 ; 1689 ; 1691 = voir les numéros AE, 2012, 817-827 pour le détail). Ce n’est pas le nombre d’inscriptions inédites qui constitue le principal intérêt de cet ouvrage, mais le soin et l’exhaustivité de cette publication complète, qui permet de remplacer avantageusement les recueils précédents.

Les deux volumes sont composés suivant l’architecture commune aux nouveaux CIL d’Espagne : après une table très détaillée, les ouvrages s’ouvrent sur une bibliographie complète jusqu’en 2011, d’environ 2 100 entrées (pp. 41-89 dans le vol. 1). Le premier volume comporte ensuite une revue rapide, mais exhaustive de la recherche sur les inscriptions de Tarragone, avant d’exposer de façon brève l’histoire et la topographie de la cité (pp. 95 à 103, avec trois p. de planches). D’abord un oppidum ibère répondant au nom de Kesse ou de Cissa, Tarraco est pour la première fois mentionnée sous ce nom en 218 av. J.-C. (Tite-Live, 21, 61, 4). L’ouvrage ne s’arrête pas tellement sur les différents débats concernant les débuts de la communauté (fondation d’un conventus Ciuium Romanorum, hypothèse qu’Alföldy soutient, sans argumentation poussée ici), mais s’arrête plutôt sur la topographie de la cité, sur la présence d’un port évoqué de façon louangeuse dans les sources, ainsi que sur les murailles, probablement datées du iie s. av. J.-C. De même, le statut de capitale provinciale de Tarraco dès les débuts de la période républicaine n’est pas tellement discuté. C’est la structure topographique particulière qui retient surtout l’attention de l’auteur : Tarraco enferme en effet dans ses murs à la fois un forum ancien, dont les premiers éléments remonteraient à l’époque républicaine, souvent appelé « forum de la colonie », ainsi que, dans sa partie supérieure, une vaste esplanade de 5,5 ha, surmontée d’un temple octostyle, dont les fondations ont été retrouvées sous la cathédrale actuelle. Cette vaste place serait le forum du concile provincial et le temple serait peut-être le temple dédié à Auguste mentionné par Tacite (Annales, 1, 78). Trois pages (pp. 105-107) sont ensuite consacrées à une typo-chronologie des monuments de Tarragone : en plus des éléments de datation traditionnellement fournis par la paléographie et les formulaires épigraphiques, l’auteur convoque fréquemment des données archéologiques pour préciser les datations proposées.

Après ces exposés généraux utiles s’ouvre le corpus épigraphique proprement dit, qui comporte la description détaillée de 1 074 inscriptions, selon la structure classique des volumes du CIL. Le numéro de l’inscription est immédiatement suivi de la nature du monument, quand il est possible de la déterminer. On trouve ensuite la description technique, particulièrement soignée, ainsi que les dimensions et de nombreux détails architecturaux du monument dans son entier. Par ex., l’inscription CIL, II2/14, 1205, qui orne une table du marché et qui donne le nom d’un édile, est accompagnée d’une description précise de la partie inférieure du monument, qui abritait trois cavités rondes sans doute destinées à mesurer les grains. On insistera sur la précision et l’exhaustivité de ces descriptions archéologiques, presque toutes accompagnées de photographies en noir et blanc pour les inscriptions retrouvées, ou de reproductions de manuscrits pour les documents perdus. Une bibliographie ancienne et contemporaine est ensuite indiquée, suivie par un commentaire épigraphique détaillé (lecture, commentaire du formulaire, des fonctions indiquées) et enfin une proposition systématique de datation. Pour les inscriptions versifiées, une traduction allemande est souvent proposée. Un soin tout particulier est accordé aux propositions de restitution des inscriptions fragmentaires : les inscriptions figurant sur les sièges des édifices de spectacle et indiquant les initiales des possesseurs de siège sont à cet égard exemplaires, puisque des hypothèses de restitution des noms des personnages ou de placement des sièges dans l’édifice sont mêmes tentées (CIL, II2/14, 1364-1432 ; voir notamment 1421-22-23, avec des dessins de positionnement des pierres et des hypothèses de restitution détaillées). Après le corpus d’inscriptions figurent les traditionnels index et tableaux synoptiques.

Si l’extraordinaire qualité scientifique de l’ouvrage et l’ampleur du travail méritent d’être salués, un doute subsiste quant à la pérennité de l’entreprise CIL, II2/14 : en effet, Géza Alföldy n’a pu malheureusement terminer le volume concernant les inscriptions de l’ager Tarraconensis (parmi ces dernières, le monument dit « des Scipions »). D’autre part, la fabrication lente et difficile de volumineux corpus « papier » en latin, constamment menacés d’obsolescence en cas de nouvelles découvertes et dont le public de lecteurs a fortement diminué, est-elle vraiment une solution d’avenir en ce début de xxie siècle ?