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You are here: Home / Reviews / Journals / Mélanges de la Casa de Velázquez / 46 (2016) / 1 / Pesca y comercio en el reino de Castilla durante la Edad Media
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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Mélanges de la Casa de Velázquez
      Author (review)
      • Bochaca, Michel
      Language (review)
      Français
      Language (monograph)
      Español
      Author (monograph)
      • Sánchez Quiñones, Julián
      Title
      Pesca y comercio en el reino de Castilla durante la Edad Media
      Subtitle
      Los valles del Guadiana, Júcar y Tajo (siglos xii y xvi)
      Year of publication
      2014
      Place of publication
      Madrid
      Publisher
      Ediciones de La Ergástula
      Series
      Histórica
      Series (vol.)
      6
      Number of pages
      474
      ISBN
      978-84-16242-04-7
      Subject classification
      Social and Cultural History, Economic History
      Time classification
      Middle Ages, Modern age until 1900 → 16th century
      Regional classification
      Europe → Southern Europe → Spain
      Subject headings
      Kastillien
      Königreich
      Fischerei
      Handel
      Original source URL
      http://mcv.revues.org/6845
      recensio.net-ID
      654d76a52074410fbc35ff6087dcb79b
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Julián Sánchez Quiñones: Pesca y comercio en el reino de Castilla durante la Edad Media. Los valles del Guadiana, Júcar y Tajo (siglos xii y xvi) (reviewed by Michel Bochaca)

L’ouvrage correspond à la version publiée de la thèse de doctorat soutenue par Julián Sánchez Quiñones à l’Université Autonome de Madrid en 2012. Le plan reflète une approche méthodique et rigoureuse du sujet, à même de servir de cadre méthodologique à d’autres chercheurs qui souhaiteraient s’engager sur une thématique similaire dans d’autres régions. Compte tenu de l’hétérogénéité, de la dispersion et du caractère fragmentaire des sources mobilisées, comme cela apparaît dans les notes, une présentation montrant leur diversité, leurs apports et leurs limites aurait été utile dans l’introduction ou au début de chaque chapitre.

Après avoir présenté le cadre naturel avec les caractéristiques géographiques du secteur étudié, l’hydrographie des bassins du Tage, du Guadiana et du Júcar et les différentes espèces de poissons rencontrées dans chacun (chap. i), l’auteur passe en revue les diverses techniques de pêche employées (chap. ii), en posant la question de leur impact sur l’environnement à partir des réglementations. La présentation des lieux de pêche, qu’ils soient naturels ou aménagés, et celle des deux principaux modes d’exploitation, l’acensement et l’affermage, adoptés par un large éventail de propriétaires qui va de la Couronne jusqu’aux petits possédants, en passant par les seigneurs laïques, les institutions ecclésiastiques et les municipalités, fournissent la matière du chapitre iii, avec la prise en compte des inévitables conflits d’usage qui s’élevèrent autour des lieux de pêche et au sujet de l’exploitation de la ressource. Parvenue à ce point, l’étude délaisse les aspects techniques de la pêche pour s’intéresser aux hommes qui en tirent une activité et un revenu : pêcheurs et intermédiaires (marchands et regrattiers) qui achètent le poisson aux premiers pour en faire commerce (chap. iv). La commercialisation du poisson, en particulier dans les villes, vue à travers l’abondante et tatillonne réglementation municipale, constitue le prolongement logique de la réflexion (chap. v), tandis que l’étude de la fiscalité pesant sur la circulation et la vente du poisson fournit un intéressant contrepoint (chap. vi).

Des cartes, dont la lisibilité et l’expressivité demanderaient à être améliorées, et des illustrations dans les deux premiers chapitres ainsi que des tableaux dans les quatre suivants viennent à l’appui de la démonstration. L’absence d’une table récapitulative en fin d’ouvrage prive le lecteur d’un moyen de repérage et de possibles entrées thématiques dès lors qu’on ne suit pas l’ordre strict du plan. L’utilisation d’une iconographie moderne pour illustrer certaines techniques de pêche médiévale se comprend, mais à condition de rester dans le domaine de la pêche en eau douce. Certaines planches de Sáñez Reguart (pp. 62, 107) représentent des scènes de pêche maritime sur l’estran qui renvoient à des réalités différentes de celles étudiées dans l’ouvrage. Ces quelques inadvertances ne remettent nullement en cause le sérieux et la solidité de la démonstration. Il en est de même de la qualité et de l’importance des apports de l’étude.

Le point de départ de la réflexion développée par Julián Sánchez Quiñones, qui consiste à s’intéresser à la pêche fluviale, était quelque peu osé. Si l’on ôte de la bibliographie (pp. 452-456) les travaux relevant de l’histoire des pêches maritimes et de celle des moulins, on prend la mesure du terrain de recherche exploré de façon partielle sur lequel l’auteur s’est risqué. Ce parti pris audacieux s’est avéré fructueux et permet au terme de la démonstration de remettre à sa juste place l’importance de l’approvisionnement local et régional en poissons d’eau douce, tant pour satisfaire les besoins alimentaires des populations en produits frais que pour le respect des prohibitions religieuses les jours ou dans les périodes de jeûne. Dès lors que l’on s’éloigne des côtes pour pénétrer dans l’intérieur des terres, les cours d’eau fournissent une alternative au moins partielle à la consommation de poisson frais. On peut aussi y voir une illustration des relatifs cloisonnements entre les économies régionales médiévales, avec des circuits de distribution relativement courts à partir des zones de pêche, compte tenu du caractère périssable du produit. Au regard des recherches plus nombreuses consacrées aux pêches maritimes dans l’Europe médiévale, les conclusions de cette étude fournissent des apports novateurs et sonnent comme un rappel salutaire pour les historiens chez qui le mot poisson est trop souvent associé à celui de mer.

L’angle d’approche est d’autre part intéressant. En traitant le sujet comme s’il s’agissait d’une filière économique, au sens actuel du terme, en partant de la ressource pour aller jusqu’au consommateur, en passant par la production et la transformation, tout en prenant en compte les processus d’encadrement et de contrôle, pour se complaire dans un jargon économique contemporain, Julián Sánchez Quiñones recoupe et entremêle des thèmes historiographiques variés, empruntés tout à la fois à l’histoire des techniques, à celle de la consommation ou de l’alimentation, et dont plusieurs sont au cœur de programmes de recherche en cours, par exemple sur la fiscalité ou l’eau dans la Castille du Bas Moyen Âge. Certains font aussi écho à des préoccupations contemporaines (impact des activités humaines sur l’environnement, gestion des ressources naturelles), sujets sur lesquels l’historien en général, et le médiéviste en particulier, est capable de produire une expertise à partir de l’examen du passé. Comme le titre Pêche et commerce dans le royaume de Castille au Bas Moyen Âge le suggère fort à propos, la portée de cette belle et intéressante étude d’histoire régionale va bien au-delà des vallées du Guadiana, du Júcar et du Tage.