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    • Type de document
      Recension (monographie)
      Revue
      Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie
      Auteur (recension)
      • Sandrier, Alain
      Langue (recension)
      Français
      Langue (monographie)
      Français
      Auteur (monographie)
      • Boullanger, Nicolas-Antoine
      Éditeur (monographie)
      • Boutin, Pierre
      Titre
      OEuvres complètes
      Sous-titre
      I: Mémoire sur l’électricité, Suite du Mémoire sur l’électricité, Lettre à Monsieur l’Abbé Nollet sur l’électricité, Traité de la cause et des phénomènes de l’électricité, Histoire d’Alexandre le Grand
      Année de publication
      2011
      Lieu de publication
      Paris
      Maison d'édition
      Honoré Champion
      Collection
      Libre pensée et littérature clandestine
      Volume
      43
      Nombre de pages
      704
      ISBN
      978-2-7453-2083-4
      Thème
      Biographies, généalogie, Histoire des sciences
      Période
      jusqu'à 499 ap. J.-C. → de 999 à 1 av. J.-C., Époque moderne jusqu'à 1900 → XVIIIe siècle
      Espace
      Europe → Europe de l'Ouest → France, Ancien Monde → Grèce / Ancien Monde, Ancien Monde → Mésopotamie, Perse / Ancien Monde
      Mots-clés
      Boulanger, Nicolas Antoine
      Elektrizität
      Schriftverkehr
      Alexander <III., Makedonien, König>
      Biographie
      URL de référence
      http://rde.revues.org/5092
      Date de publication
      16/12/2013 16:06
      ID-recensio.net
      86b47cb72091496c94371e8a2f073227
      label_doi
      10.15463/rec.1189727194
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Pierre Boutin (dir.): Nicolas-Antoine Boullanger: OEuvres complètes. I: Mémoire sur l’électricité, Suite du Mémoire sur l’électricité, Lettre à Monsieur l’Abbé Nollet sur l’électricité, Traité de la cause et des phénomènes de l’électricité, Histoire d’Alexandre le Grand (compte rendu de Alain Sandrier)

Nicolas-Antoine Boullanger, OEuvres complètes, tome I : Mémoire sur l’électricité, Suite du Mémoire sur l’électricité, Lettre à Monsieur l’Abbé Nollet sur l’électricité, Traité de la cause et des phénomènes de l’électricité, Histoire d’Alexandre le Grand, édition critique établie par Pierre Boutin, Paris, Honoré Champion, coll. « Libre pensée et littérature clandestine », no43, 2011, 704 p. ISBN=978-2-7453-2083-4.

 

Ce volume constitue le premier tome des Œuvres complètes de Boullanger dans lesquelles Pierre Boutin s’est courageusement lancé. Il vient après le second tome publié en 2006 ; et il précède le troisième tome qui doit couronner l’ensemble et qui contiendra ses œuvres les plus connues et les plus attendues : L’Antiquité dévoilée par ses usages et les Recherches sur l’origine du despotisme oriental, toutes deux éditées par d’Holbach après sa mort, ainsi que quelques articles de l’Encyclopédie. Pour nous faire patienter, et pour compléter notre connaissance d’un auteur réduit dès sa mort au statut d’icône de la libre pensée, l’éditeur propose une moisson de textes rarement fréquentés. Ils parcourent deux grands sujets, d’un côté l’électricité, concept à l’époque encore balbutiant, et de l’autre l’histoire, avec une monographie consacrée à Alexandre le Grand. Que ce soit les textes, aux statuts délicats, ou leur édition, tout déconcerte dans ce volume. Le groupement autour de la question de l’électricité (p. 119-383) entend réparer de nombreuses erreurs d’attribution sur ces textes, notamment celle à Boullenger de Rivery, « jeune avocat au parlement » (p. 123) selon une note d’Hémery, du Traité de la cause et des phénomènes de l’électricité de 1750 restitué enfin à notre Boullanger. Il est vrai qu’à cette date notre ingénieur est encore inconnu dans le monde des lettres et donc peu identifiable. La démonstration de paternité est faite en introduction de cette section (p. 121-131 ; on notera que Pierre Boutin affine sa position dans La Lettre clandestine, no20, p. 339-344), en plaidant la confusion des patronymes, celui de « Boullanger » figurant uniquement sur la page de titre de l’imposant Traité (p. 216-383). Il reste tout de même, pour le lecteur, comme l’éditeur le reconnaît lui-même, l’étonnement de l’absence complète d’allusion à l’électricité dans le reste de l’œuvre de Boullanger, malgré le rattachement un peu forcé qui est esquissé à l’épistémologie des Anecdotes de la nature (p. 129). Il est curieux qu’aucun de ceux qui l’ont connu n’ait témoigné de l’esprit expérimental que manifestent ces écrits : ni chez Diderot, ni chez d’Holbach, en particulier, deux amateurs d’expérimentation, pourtant, en l’occurrence, chez eux, chimique. Au reste, l’attribution à notre Boullanger de ces opuscules sur l’électricité vient d’être contestée par Alain Mothu et Emmanuel Boussuge. Ils s’appuient sur des notes retrouvées dans les archives policières pour démontrer que l’informateur de d’Hemery et Berruyer, Bonin, par ailleurs prote d’imprimerie, ne pouvait guère se tromper sur l’identité de Boullenger de Rivery, qu’il cite à plusieurs reprises (voir La Lettre clandestine, no21, 2013, p. 361-367). Quant à l’Histoire d’Alexandre le Grand (p. 393-677), qui occupe une place importante dans le volume, l’éditeur reconnaît lui-même, malgré l’autorité de Diderot qui la lui alloue péremptoirement dans sa fameuse présentation de l’auteur, que « l’attribution de l’ouvrage à Boullanger reste incertaine » (p. 391). Il s’agit d’une histoire manifestement inspirée de Quinte-Curce. Pourtant l’éditeur, peut-être dissuadé par l’incertitude planant sur la paternité, n’a pas jugé bon de faire sentir au lecteur l’empreinte de cet intertexte majeur dans l’ouvrage, l’édition ne comportant aucune note. On peut le regretter. La présentation générale du volume (p. 9-85) n’aide guère à sortir de la perplexité que procure le choix des œuvres. Elle s’attache peu aux œuvres rassemblées dans ce tome, et propose plutôt une conception générale de l’histoire des « faits » selon Boullanger, qui conviendrait davantage au prochain et dernier volume en préparation. D’ailleurs certains passages ont nourri la réflexion d’ensemble du système de Boullanger que l’auteur a proposée ailleurs (pour les pages 63 à 72 voir La Lettre clandestine, no 19, 2011, p. 273-281). Finalement, la section qui s’impose le plus aisément au lecteur est aussi la plus courte, c’est la correspondance (p. 87-118). C’est une bonne idée que d’avoir rassemblé l’ensemble des lettres connues écrites par Boullanger. On le surprend, au fil de seize lettres s’étalant sur dix ans, de 1749 à 1759, année de sa mort, tour à tour en jeune ingénieur pris dans ses conflits professionnels, accentués par une santé fragile, puis en ami d’Helvétius, alors que son état se détériore sensiblement. Peut-être aurait-on aimé, à l’occasion de ce rassemblement inédit, avoir plus d’informations, dans l’appareil éditorial, sur les destinataires et leurs réactions. Au bout du compte, on se retrouve donc avec un tome qui comporte un groupement de textes d’attribution douteuse, une œuvre de paternité incertaine, et une correspondance malheureusement trop courte ; on doit déplorer en outre le manque d’annotation utile. On ajoutera à ces réserves quelques coquilles plus ou moins anodines (une répétition insolite de titre dans la table des matières, p. 701, une mention d’« annexes » curieusement allouée à la correspondance sur sa première page, p. 87). Mais le plus gênant est l’absence de protocole identifiable pour le travail d’édition en tant que tel. L’orthographe est manifestement modernisée, sans qu’il en soit fait mention, sauf une fois en note. Il aurait été bienvenu pour un volume rassemblant des textes si divers que les choix éditoriaux soient précisés : c’est le moins que l’on puisse exiger d’une édition qui se présente comme « critique ». On espère que ces lacunes seront comblées à l’occasion du dernier volume de ces utiles Œuvres complètes.