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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Revue d'histoire du XIXe siècle
      Author (Review)
      • Bruyère-Ostells, Walter
      Language (Review)
      Français
      Language (Monograph)
      Français
      Author (Monograph)
      • Sarlin, Simon
      Title
      Le légitimisme en armes
      Subtitle
      Histoire d’une mobilisation internationale contre l’unité italienne
      Year of publication
      2013
      Place of publication
      Rom
      Publisher
      École Française de Rome
      Series
      Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome
      Series (vol.)
      355
      Number of pages
      331
      ISBN
      978-2-7283-0953-5
      Subject classification
      Political History, Social and Cultural History
      Time classification
      Modern age until 1900 → 19th century
      Regional classification
      Europe → Southern Europe → Italy
      Subject headings
      Brigant
      Geschichte 1860-1870
      Italien
      Franz, II. <Neapel, König>
      Königreich Neapel
      Konterrevolution
      Original source URL
      http://rh19.revues.org/4798
      recensio.net-ID
      1639ed6790af4640ab4217fcbf1222a8
      DOI
      10.15463/rec.1189734221
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Simon Sarlin: Le légitimisme en armes. Histoire d’une mobilisation internationale contre l’unité italienne (reviewed by Walter Bruyère-Ostells)

Simon SARLIN, Le légitimisme en armes. Histoire d’une mobilisation internationale contre l’unité italienne

Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome-355, Roma, École française de Rome, 2013, 331 p. ISBN : 978-2-7283-0953-5. 30 euros.

 

Ce livre est tiré d’une thèse soutenue en novembre 2010 sous la direction de Gilles Pécout. Il présente le grand mérite de relire un épisode du Risorgimento au prisme des circulations politiques. En effet, la question des résistances du Mezzogiorno est traitée sous un angle international. Ce travail s’inscrit ainsi dans le champ des recherches consacrées aux « internationales libérales » ou ici « blanches » (Jean-Clément Martin, Jordi Canal). Simon Sarlin s’intéresse aux connections légitimistes en Europe pour alimenter après 1860 les tentatives de résistances en faveur de la monarchie de François II de Naples. En fait, l’agitation armée mêle défense de la légitimité bourbonienne et grand brigandage.

L’introduction consiste en un solide tour d’horizon historiographique et méthodologique sur la question du Mezzogiorno dans l’unité italienne et sur le volontariat armé international. Le premier chapitre présente la monarchie en exil à Rome. François II n’échappe pas aux schémas d’autres souverains réfugiés à l’étranger : intrigues de cour stériles, problèmes financiers et difficultés à maintenir une diplomatie auprès des chefs d’État européens. Sont ensuite abordés les rapports entre Mezzogiorno et Italie unifiée, mettant en lumière à la fois l’importance du grand brigandage et sa double instrumentalisation. D’un côté, la « criminalisation » de la révolte politique permet au pouvoir italien de justifier la répression contre ce qui est présenté uniquement comme des délits de droit commun. De l’autre, la mise en valeur des capimassa, des chefs de bande en résistance, offre l’opportunité à François II en exil de laisser croire à un réel enracinement populaire du légitimisme. C’est à partir du chapitre 3 que l’on entre pleinement dans l’analyse des circulations internationales en faveur de la restauration bourbonienne en lien avec les réseaux légitimistes français et surtout les carlistes espagnols. Les formes de solidarité sont diverses, des comités de soutien pour collecter de l’argent (rôle de Cathelineau en France notamment) à la volonté de combattre directement dans la péninsule (débarquement et action du carliste José Borges à l’automne 1861). Les liens avec les engagements dans les zouaves pontificaux sont bien décrits, notamment parce que la frontière entre l’État pontifical et le royaume des Deux-Siciles offre en 1860-1861 une apparente convergence entre défense du pape et service de François II. Après avoir échoué au sud de la frontière, Klitsche de La Grange se réfugie à Rome où il espère par exemple reconstituer ses troupes avec d’anciens zouaves.

La géographie internationale de ces circulations qui permettent de drainer argent et volontaires dans le Mezzogiorno est également bien éclairée. On observe ainsi le rôle traditionnel de Marseille, Malte ou Trieste comme pivots entre combat dans la péninsule, exil et soutiens logistiques internationaux. En réalité la plupart des expéditions armées restent au stade des velléités et les quelques tentatives de débarquement de volontaires étrangers se terminent par des échecs. Simon Sarlin rend par ailleurs compte des efforts des agents secrets italiens pour contrecarrer cette mobilisation. Les dimensions culturelles complètent l’analyse. Caractéristiques des combattants des internationales du XIXe siècle, la « part de l’aventure » et l’opportunisme sont évoqués. La première s’incarne dans le fantaisiste Dubisson ou le romantique Zimmermann. Le second amène Simon Sarlin à conforter l’idée que la limite entre mercenariat et volontariat est souvent poreuse. Les efforts de la monarchie napolitaine pour recruter en Suisse à l’automne 1860 viennent ici appuyer la démonstration.

Le dernier chapitre est au plus proche des combats sur le terrain ; il met en lumière les incompréhensions, les différences d’appréciation et les rivalités personnelles entre capimassa et chefs étrangers. Le carliste Borgès est horrifié par les exactions de la bande de Crocco à laquelle il s’est joint et constate avec regret son incapacité à discipliner cette troupe. L’insurrection s’éteint en fait très vite et les maigres espoirs de la monarchie lors de la guerre avec l’Autriche en 1866 sont rapidement déçus.

Simon Sarlin brosse un tableau bien écrit et complet de l’agitation dans l’ancien royaume de Naples et de la mobilisation pour la soutenir depuis l’étranger. En revanche, on aurait apprécié moins de timidité dans l’analyse diachronique des agitations politiques en terre méridionale malgré une ou deux allusions à la résistance contre l’occupation française sous le Premier Empire (p. 113 par exemple). Des comparaisons sur la géographie de l’action des masse, sur les discours de « criminalisation » des « résistants » ou sur les méthodes répressives pouvaient enrichir ce beau travail. En annexe, une série de cartes et d’illustrations vient judicieusement en appui des développements. La politique de l’image du couple royal débute lors du siège de Gaète (novembre 1860-février 1861). La construction de la figure héroïque de la reine Marie-Sophie se traduit ainsi par la diffusion de photographies dans les journaux illustrés européens conduisant à une « Marie-Sophie manie ».