Sie sind hier: Startseite / Reviews / Journals / Revue d'histoire du XIXe siècle / 2017 / 54 / La conquête de l’Algérie
  • Metadaten

    • Dokumenttyp
      Rezension (Monographie)
      Zeitschrift
      Revue d'histoire du XIXe siècle
      Autor (Rezension)
      • Fredj, Claire
      Sprache (Rezension)
      Français
      Sprache (Monographie)
      Français
      Autor (Monographie)
      • Frémeaux, Jacques
      Titel
      La conquête de l’Algérie
      Untertitel
      La dernière campagne d’Abd el-Kader
      Erscheinungsjahr
      2016
      Erscheinungsort
      Paris
      Verlag
      CNRS Éditions
      Umfang
      330
      ISBN
      978-2-271-08597-9
      Thematische Klassifikation
      Militär- und Kriegsgeschichte
      Zeitliche Klassifikation
      Neuzeit bis 1900 → 19. Jh.
      Regionale Klassifikation
      Afrika → Algerien
      Schlagwörter
      Abd-al-Qādir <Algerien, Emir>
      Algerien
      Geschichte 1845-1847
      Original URL
      http://rh19.revues.org/5243
      recensio.net-ID
      0d43d3febe1e4281bb9236e509611d25
      DOI
      10.15463/rec.1595718786
  • Zitierhinweis

  • Lizenzhinweis

    • Dieser Beitrag kann vom Nutzer zu eigenen nicht-kommerziellen Zwecken heruntergeladen und/oder ausgedruckt werden. Darüber hinaus gehende Nutzungen sind ohne weitere Genehmigung der Rechteinhaber nur im Rahmen der gesetzlichen Schrankenbestimmungen (§§ 44a-63a UrhG) zulässig.

Jacques Frémeaux: La conquête de l’Algérie. La dernière campagne d’Abd el-Kader (rezensiert von Claire Fredj)

erstellt von Johanna Geierhos zuletzt verändert: 10.11.2017 10:57

Le dernier ouvrage de Jacques Frémeaux, auteur de plusieurs livres importants sur l’empire colonial français et sur l’histoire de l’Algérie colonisée, est la publication de la version revue et actualisée du mémoire de maîtrise que l’historien a soutenu en 1973. Centré sur une courte période (septembre 1845-septembre 1847) marquée par la fin de la première phase d’une guerre qui assoit la présence française en Algérie, il permet de revenir sur les premières années de la conquête, de la colonisation ainsi que sur les obstacles qui freinent ces deux processus. Avant d’en arriver au cœur de l’ouvrage, « la dernière campagne d’Abd el-Kader », Jacques Frémeaux brosse un tableau de l’Algérie en 1845, territoire en voie d’organisation administrative entre zones civiles et militaires. Pour expliquer l’équilibre conflictuel de ces deux pouvoirs structurant la colonie, il revient sur quinze années de conquête et de colonisation, sur l’armée d’Afrique, son organisation, son rôle, sa place centrale dans le fonctionnement de la colonie et les tensions entre militaires et civils, la conquête s’accompagnant d’un projet de peuplement fondé sur l’arrivée d’une population européenne qui s’installe dans les villes et les campagnes dans le cadre de la petite colonisation rurale, modèle souhaité peinant à se mettre en place, tandis que la grande colonisation connaît davantage de réussite. Ces deux types de mise en valeur se font au prix d’une aggravation des spoliations foncières et de la présence continue de l’armée pour protéger les terres conquises.

Pourquoi coloniser ? D’abord pour répondre aux « embarras de la possession de l’Algérie » (p. 39), entreprise sans véritable ligne directrice avant que n’émerge un parti coloniste au Parlement au cours des années 1830-1840. Sur le terrain, la politique militaire évolue, sous l’influence notamment de l’acteur central de ce livre, le maréchal Thomas Bugeaud, gouverneur général jusqu’en juin 1847, entouré de Lamoricière, Yusuf, Saint-Arnaud et d’autres. Leurs portraits permettent d’entrer dans une meilleure compréhension des clans qui se développent au sein d’une armée divisée entre des caractères et des manières de penser la colonisation. L’autre grand rôle du drame qui se joue en Algérie dans les années 1840 est évidemment l’émir Abd el-Kader, qui reste un adversaire de taille pour les Français en 1845 et dont Jacques Frémeaux souligne notamment qu’il bénéficie du soutien des confréries musulmanes si importantes dans la structuration de la société algérienne.

C’est donc dans ce contexte qu’en septembre 1845, la guerre reprend en Oranie. Abd el-Kader avance vers Alger. Pour les militaires français, la priorité, l’écrasement des tribus insurgées, évolue vers la nécessité d’arrêter Abd el-Kader, dont l’activité prolonge la résistance. Pour faire comprendre les logiques d’une guerre entre armées très différentes, Jacques Frémeaux aborde les questions logistiques, militaires, tactiques, le rôle de la cavalerie, de l’infanterie, l’adaptation de l’armée d’Afrique à la guerre de guérilla. Il évoque l’épuisement des soldats français, la faim, la soif, les violences exercées sur l’ennemi (trophées, représailles…) et, rejetant clairement l’idée d’une extermination voulue de la population locale, n’en insiste pas moins sur la brutalité des combattants français – sans par ailleurs idéaliser les pratiques de l’autre camp. L’armée française, malgré de nombreux obstacles et malgré les qualités militaires d’Abd el-Kader, remporte finalement la victoire sur un adversaire qui, en dépit d’un charisme que nul ne conteste, peine à rassembler les chefs locaux même unis par un rejet des « roumis ». La reddition de l’émir signifie pour les Algériens des pénalités d’ordre divers ainsi qu’une nouvelle étape dans les dépossessions foncières.

Avec la reprise de ce texte de jeunesse, il ne s’agit pas de juger une séquence historique de l’histoire de France non plus que de comparer les situations précoloniale et coloniale de la régence ottomane passée sous domination française mais de donner une « image complète des réalités d’une conquête mal connue » et « rappeler un passé qui ne peut être méconnu sous peine d’aborder avec naïveté les questions du présent » (p. 10). L’ouvrage, écrit d’une plume alerte, retrace ainsi l’avancée d’un « projet » colonial, aussi flou demeure-t-il, s’attardant peu sur les résistances et les accommodements que fait naître le nouveau contexte politique et social. L’exercice, d’ailleurs, n’est pas forcément chose aisée. Si l’auteur s’appuie essentiellement sur des sources françaises, ce choix s’explique largement par la rareté des ouvrages sur la période utilisant des sources algériennes en arabe (ou en osmanli). En revanche, l’actualisation bibliographique déçoit un peu faute de faire connaître plus précisément l’historiographie la plus récente de cette période de colonisation précoce, qu’il s’agisse des débats intellectuels concernant la colonisation, de démographie, d’organisation territoriale… On pourrait aussi regretter que l’écriture de l’histoire des premières années de cette présence française n’ait pas été davantage l’occasion de mettre l’Algérie en perspective au sein des colonisations européennes. Peut-être la volonté de toucher un large public explique-t-elle ces choix qui, par ailleurs, n’enlèvent pas à l’ouvrage son intérêt et sa grande clarté d’écriture.