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  • Metadaten

    • Dokumenttyp
      Rezension (Monographie)
      Zeitschrift
      Revue d'histoire du XIXe siècle
      Autor (Rezension)
      • Archambault, Fabien
      Sprache (Rezension)
      Français
      Sprache (Monographie)
      Français
      Herausgeber (Monographie)
      • Tétart, Philippe
      Titel
      La presse régionale et le sport
      Untertitel
      Naissance de l’information sportive, 1870–1914
      Erscheinungsjahr
      2015
      Erscheinungsort
      Rennes
      Verlag
      Presses universitaires de Rennes
      Reihe
      Histoire
      Umfang
      414
      ISBN
      978-2-7535-4003-3
      Thematische Klassifikation
      Geschichte des Journalismus, der Medien und der Kommunikation, Sportgeschichte
      Zeitliche Klassifikation
      Neuzeit bis 1900 → 19. Jh., 20. Jahrhundert → 1900 - 1919
      Regionale Klassifikation
      Europa → Westeuropa → Frankreich
      Schlagwörter
      Frankreich
      Sport
      Regionalpresse
      Sportzeitschrift
      Geschichte 1870-1914
      Original URL
      http://rh19.revues.org/5253
      recensio.net-ID
      62806e186abf4ddd954b2a5b879ce273
      DOI
      10.15463/rec.1003310493
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Philippe Tétart (Hg.): La presse régionale et le sport. Naissance de l’information sportive, 1870–1914 (rezensiert von Fabien Archambault)

Si les historiens du sport se fondent souvent sur la presse pour mener à bien leurs recherches, les rapports entre la culture médiatique et le développement de nouvelles pratiques physiques depuis la fin du XIXe siècle n’ont que rarement fait l’objet d’analyses rigoureuses. Historien des médias et du sport, Philippe Tétart s’est attelé à la tâche et a ainsi dirigé depuis 2010 deux chantiers de recherche collectifs consacrés à l’essor de la presse et de l’information sportives dans la France de 1870-1914 : le premier s’intéressait à la presse sportive régionale de la Belle époque et à quelques-uns des 369 périodiques provinciaux spécialisés recensés en 1910 (1), tandis que le second, publié ici, rassemble seize contributions sur la part du sport dans la presse généraliste régionale de la chute du Second Empire à la Grande Guerre. L’hypothèse est qu’une telle approche permet de mieux cerner l’ampleur de l’acculturation sportive de la société française puisque la presse sportive spécialisée tirait en 1914 à environ 400 000 exemplaires par jour alors que les 242 quotidiens généralistes provinciaux étaient diffusés à quatre millions d’exemplaires. Il s’agissait également d’observer à quel rythme et selon quelles modalités le modèle de la presse quotidienne nationale, qu’elle soit généraliste ou sportive, se diffusait en province – des premières rubriques sportives quotidiennes dans Le Figaro en 1866 à la place imposante prise par le sport dans La Presse ou L’Intransigeant (25 à 30 % de la surface du journal en 1914), en passant par la création du Tour de France par L’Auto en 1903 : bref, si la presse quotidienne provinciale était devenue elle aussi à la fois productrice et promotrice de l’actualité sportive, participant de ce fait à la « recomposition des imaginaires sociaux et culturels » (p. 20).

Dans cette optique a été constitué un corpus de quinze quotidiens, dont un allemand, le Strassburger Post, et cinq hebdomadaires, qui se veut représentatif, en ce qui concerne le tirage (20 % de celui des quotidiens régionaux en 1914), l’implantation géographique (des métropoles régionales – Nice, Lyon, Toulouse, Rennes, etc. –, des préfectures de taille moyenne – Arras, Vannes, Bastia, Oran –, voire des sous-préfectures – Tournon et les Sables-d’Olonne) et l’orientation politique (du socialisme – Le Midi socialiste et Le Petit Var – au radicalisme – Le Progrès de Lyon, Le Petit Méridional, La Dépêche du Midi et L’Indépendant Rémois – en passant par toutes les formes de conservatisme : modéré – La Petite Gironde, Le Journal de Tournon ou Le Petit Niçois –, légitimiste – L’Éclair (de Montpellier) –, libéral – Le Courrier du Pas-de-Calais –, clérical – Le Nouvelliste du Morbihan –, démocrate-chrétien – Ouest-éclair – ou nationaliste – Le Journal des Sables). Tous ces journaux ont été soumis à un même questionnaire visant, à partir de sondages effectués tous les 10 ans, de 1873 à 1913, sur une semaine par mois, soit 84 jours par an, à établir la place du sport dans le journal, l’identité des journalistes sportifs, notamment à partir du moment où cette sous-catégorie se structure, autour de 1900, et les types de sport évoqués.

Cette approche quantitative conduit Philippe Tétart à tirer des conclusions claires et nuancées. Dans l’ensemble et quelle que soit sa couleur politique, la presse généraliste provinciale a favorisé l’essor du phénomène sportif en France, surtout dans les villes, en n’hésitant pas à organiser des épreuves et des compétitions, en particulier de cyclisme et de gymnastique, dont elle relayait ensuite les vicissitudes, ce qui contribuait à soutenir son tirage. À la fin de la période étudiée, le sport occupe en moyenne 6 % de la surface informative utile (hors publicité), taux comparable à celui de la presse généraliste nationale (5,4 %). Une chronologie est proposée : au temps de l’apparition timide du sport et de sa dissémination dans différentes rubriques, avec des articles purement factuels rédigés de manière anonyme (années 1870 et 1880), succède celui des premiers articles spécialisés, souvent omnisport, rédigés par des journalistes du titre se prêtant au jeu selon leurs goûts et au gré des circonstances (années 1890). Vient enfin, au tournant du siècle et jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale, le moment décisif de l’affirmation et de la reconnaissance. La place du sport est multipliée par dix par rapport à la décennie 1870, les articles s’enrichissent et deviennent de véritables reportages, parfois illustrés et manifestant des prétentions littéraires, la plupart du temps rédigés par d’anciens sportifs reconvertis. La rubrique sportive est hiérarchisée et distingue entre les informations locales et nationales, accédant même à l’occasion à la Une du journal, notamment lorsqu’il s’agit de courses cyclistes. Avec le turf, le cyclisme se taille en effet la part du lion – les deux représentent un tiers des articles consacrés au sport sur l’ensemble de la période – suivi par la gymnastique et la tauromachie – probablement un biais induit par le corpus sur lequel a porté la recherche, fortement méridional. C’est seulement en 1913 qu’apparaissent soudainement le rugby, dans les journaux du Sud-Ouest, et le football, plus particulièrement dans l’Ouest catholique. Au total, cette série de monographies équilibrées, encadrée par de solides introduction et conclusion, intéressera les spécialistes du sport et des médias et plus généralement les historiens du fait culturel dans la France contemporaine.

Notes

(1)  Philippe Tétart, Sylvain Villaret [dir.], Les Voix du sport. La presse sportive régionale à la Belle Époque, Biarritz-Paris, Atlantica-Musée National du Sport, 2010.