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    • Dokumenttyp
      Rezension (Monographie)
      Zeitschrift
      Revue d'histoire du XIXe siècle
      Autor (Rezension)
      • Huard, Raymond
      Sprache (Rezension)
      Français
      Sprache (Monographie)
      Français
      Autor (Monographie)
      • Maurel, Joseph
      Titel
      Mes mémoires sur les événements de 1851 à Aups et neuf mois de captivité
      Erscheinungsjahr
      2016
      Erscheinungsort
      Les Mées
      Verlag
      Association 1851
      Umfang
      191
      ISBN
      9791097168001
      Thematische Klassifikation
      Biographien, Familiengeschichte
      Zeitliche Klassifikation
      Neuzeit bis 1900 → 19. Jh.
      Regionale Klassifikation
      Europa → Westeuropa → Frankreich
      Schlagwörter
      Maurel, Joseph
      Original URL
      http://rh19.revues.org/5236
      recensio.net-ID
      9ec5467a19a74b71a34419d772af0370
      DOI
      10.15463/rec.490332264
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Joseph Maurel: Mes mémoires sur les événements de 1851 à Aups et neuf mois de captivité (rezensiert von Raymond Huard)

erstellt von Monika Döring zuletzt verändert: 10.11.2017 10:57

Rares sont les témoignages émanant des insurgés du Var en décembre 1851 puisqu’on ne peut citer que celui de Camille Duteil qui dirigea la colonne d’insurgés varoise (1) et celui de Frédéric Dupont (2). C’est pourquoi on doit se féliciter de la publication récente du récit d’un habitant d’Aups, le jeune Joseph Maurel. Ce document, un cahier de 178 pages, acheté par les Archives départementales du Var en 2015, a été rédigé, semble-t-il, en plusieurs étapes entre octobre 1852 et mars 1853. Il relate avec une grande précision à la fois la façon dont le mouvement a été vécu à Aups et l’itinéraire de Maurel après son arrestation, le 22 décembre 1851. Cette publication a été préparée et présentée par Frédéric Négrel, professeur au collège d’Aups et docteur en histoire, qui l’a accompagnée d’un appareil critique absolument remarquable.

Aups, gros bourg rural de 2 858 habitants qui possède aussi quelques industries, est à l’époque un village blanc où les républicains sont en minorité. Joseph Maurel a 21 ans en 1851 et travaille avec son père comme vermicellier. La famille est aisée, sans plus. C’est au cours de la seconde République que Maurel a commencé à militer en faveur des idées démocratiques, au moment des élections à la Législative jusqu’à entrer très peu de temps avant le coup d’État dans la société secrète du village formée sous l’impulsion de démocrates des villages voisins. Il est cependant assez modéré, et au plan idéologique, fait référence aux fouriéristes, à Lamennais et aux épisodes douloureux de l’histoire locale notamment la terreur blanche. Le récit expose d’abord comment la petite minorité républicaine d’Aups a réagi au coup d’État : réunions, prise de contact avec les villages voisins d’abord, jusqu’à ce que le 7 décembre, la colonne révolutionnaire arrive à Salernes à quelques kilomètres d’Aups. Le village est alors envahi par les insurgés. Maurel fait partie de sa nouvelle administration communale – c’est ce qui lui sera reproché – et il essaie de mettre un peu d’ordre dans la confusion. L’arrivée des forces armées gouvernementales le 10 décembre et la déroute des insurgés met fin au mouvement à Aups. Maurel n’est arrêté que le 22 décembre après avoir, presque seul à Aups, voté non au plébiscite et, tandis qu’au village la réaction triomphe, il commence alors un long périple, bien souvent à pied, qui est une des parties les plus intéressantes de ces mémoires. Il est emmené d’abord à Draguignan, puis à Saint-Raphaël, de là par mer à Toulon où il est emprisonné au Fort Lamalgue. Déféré devant un tribunal correctionnel, il revient à Draguignan en mars, est libéré provisoirement, retourne à Toulon pour solliciter une grâce auprès du conseiller d’État Quentin Bauchard, puis à Draguignan pour passer devant le tribunal qui le condamnera finalement à cinq mois de prison. Ce parcours nous vaut une description tout à fait savoureuse des diverses conditions de transfert et d’incarcération, parfois épouvantables, parfois acceptables, parfois même assez joyeuses. En même temps, Maurel restitue l’atmosphère générale : espoirs de grâce, traitements très variés des prisonniers de la part des autorités militaires, sympathie souvent de la population sauf dans son bourg d’origine. Ce jeune homme qui s’exprime avec aisance, sans être très cultivé, ne survalorise nullement son action et nous le voyons vivre au naturel, même s’il est parfois exalté et prodigue en affirmations de ses sentiments démocratiques et sociaux. Esprit curieux, il n’est pas indifférent à ce qu’il peut voir de nouveau au cours de son périple imprévu et fait preuve même d’un réel sentiment de la nature. Jeune homme sensible, il souffre de la solitude où il se trouve dans son village du fait de sa condamnation. Notons au passage que ce récit écrit en français ignore totalement la langue locale. Maurel restera attaché aux idées républicaines, mais comme beaucoup de condamnés de 1851 il ne jouera cependant qu’un rôle mineur dans le mouvement républicain varois par la suite. Frédéric Négrel a joint à ce texte un extrait des Mémoires de Casimir Revertegat, autre condamné varois de 1851, déjà publiés par P. Dupont, qui permet une comparaison avec le récit de Maurel.

Notes

1  Camille Duteil, Trois jours de généralat ou un épisode de la guerre civile dans le Var (en décembre 1851) Savone F. Rossi, 1852, rééd. Association 1851, Les Mées, 2006.

2  Charles Dupont, Les républicains et les monarchistes dans le Var en décembre 1851, Paris, Librairie Baillière, 1883.

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