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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Revue d'histoire du XIXe siècle
      Author (review)
      • Villerbu, Tangi
      Language (review)
      Français
      Language (monograph)
      English
      Author (monograph)
      • Ahmad, Diana L.
      Title
      Success Depends on the Animals
      Subtitle
      Emigrants, Livestock, and Wild Animals on the Overland Trail, 1840–1869
      Year of publication
      2016
      Place of publication
      Reno
      Publisher
      University of Nevada Press
      Number of pages
      132
      ISBN
      978-0-87417-997-2
      Subject classification
      Social and Cultural History
      Time classification
      Modern age until 1900 → 19th century
      Regional classification
      America → North America → USA
      Subject headings
      USA
      Overland Trail
      Tiere
      Geschichte 1840-1869
      Original source URL
      http://rh19.revues.org/5210
      recensio.net-ID
      2dd7638926354f8280cadbd3ea081230
      DOI
      10.15463/rec.1003310489
  • Citation rules

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Diana L. Ahmad: Success Depends on the Animals. Emigrants, Livestock, and Wild Animals on the Overland Trail, 1840–1869 (reviewed by Tangi Villerbu)

Voici un petit livre qui a priori promettait beaucoup. Les émigrants qui durant près de trente ans partirent en convois de chariots bâchés à travers la Prairie et les Rocheuses depuis les petites villes de la basse vallée du Missouri jusqu’au pays mormon ou la côte Ouest (Oregon et Californie) font partie du panthéon américain et les historiens ne les ont bien sûr pas oubliés, en tentant de les extirper de leur gangue mythologique. Mais jamais un travail n’avait été centré sur leur relation au monde animal, qui pourtant était omniprésent durant les trois mois d’un voyage rendu possible grâce aux chevaux, bœufs et mules, accompagné par de nombreux chiens et environné de bisons, chiens de prairie et autres loups. Les sept courts chapitres tiennent compte de l’ensemble de ces dimensions : les raisons du départ, le bagage culturel de la relation au animaux, la préparation du voyage, la vie sur la piste, le soin apporté au bétail et aux chevaux, la rencontre avec la faune sauvage et enfin l’arrivée. Le tout avec des sources classiques : une partie des innombrables journaux et mémoires des « pionniers ».

Mais le résultat est décevant. Faute d’introduction, il faut se rabattre sur la page de préface pour avoir une idée du projet de Diana L. Ahmad. Or il n’y a dans cette page ni réelle problématisation du sujet, ni insertion dans une quelconque historiographie, ni réflexion théorique sur ce que peut être une histoire animale, une histoire des animaux ou avec les animaux. Et le lecteur est laissé tout le long des 85 pages de texte avec une longue litanie de citations d’écrits de migrants, organisée thématiquement mais sans aucune mise en perspective. Le chapitre sur la faune sauvage est archétypal, puisque défilent sans connexion logique entre eux les développements purement factuels sur les bisons, les chiens de prairie, les loups, les moustiques… sans qu’une réflexion ne vienne accompagner ce qui n’est pas une démonstration., Et parfois les animaux s’absentent, lorsque le chapitre central résume, finalement, les moments marquant du voyage comme l’ont fait, de manière plus développée, beaucoup des devanciers de Diana L. Ahmad. Certains d’entre eux avaient d’ailleurs déjà traité de la question animale sans prétendre faire de l’« histoire animale » : John D. Unruh avait donné de classiques mais beaux développements sur les prix des bœufs et des mules, par exemple, de même que sur leur usage dans les convois (1) ; John Mack Faragher avait traité du rapport au bison du point de vue du genre, sa chasse étant une manière de manifester sa masculinité sur la piste (2) ; Will Bagley plus récemment a commencé un récit complet de l’épisode (3), tandis que Michael Tate a étudié les relations entre migrants et Indiens (4), aspect totalement passé sous silence par Diana L. Ahmad alors qu’il y avait sans aucun doute à dire sur la rencontre de cultures fort différentes du point de vue du rapport au monde animal.

Dès lors on est en droit d’hésiter : cet ouvrage est-il juste une occasion perdue ou peut-il servir à donner envie d’emprunter les pistes que Diana L. Ahmad peine à ouvrir faute de s’en donner les moyens ? Au moins un sujet est-il inventé. Mais reste à le prendre à bras-le-corps.

Notes

(1)  John D. Unruh, The Plains across: The Overland Emigrants and the Trans-Mississippi West, 1840-1860, Urbana, University of Illinois Press, 1979.

(2)  John Mack Faragher, Women and Men on the Overland Trail, New Haven, Yale University Press, 1979.

(3)  Will Bagley, So Rugged and Mountainous: Blazing the Trails to Oregon and California, 1812-1848, Norman, University of Oklahoma Press, 2010; Will Bagley, With Golden Bisions Bright Before them. Trails to the Mining West, 1849-1852, Norman, University of Oklahoma Press, 2012.

(4)  Michael L. Tate, Indians and Emigrants: Encounters on the Overland Trails, Norman, University of Oklahoma Press, 2006.