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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      Revue d'histoire du XIXe siècle
      Author (Review)
      • Cooper-Richet, Diana
      Language (Review)
      Français
      Language (Monograph)
      English
      Author (Monograph)
      • Bonea, Amelia
      Title
      The News of Empire
      Subtitle
      Telegraphy, journalism and the Politics of Reporting in Colonial India (c. 1830–1900)
      Year of publication
      2016
      Place of publication
      New Delhi, India
      Publisher
      Oxford University Press
      Number of pages
      XVI, 376
      ISBN
      978-0-19-946712-9
      Subject classification
      Political History, Social and Cultural History
      Time classification
      Modern age until 1900 → 19th century
      Regional classification
      Europe → Western Europe → Great Britain, Asia → Southern Asia and India
      Subject headings
      Großbritannien
      Kolonialismus
      Medien
      Britisch-Indien
      Geschichte 1830-1900
      Original source URL
      http://journals.openedition.org/rh19/5739
      recensio.net-ID
      40a9f7984dcf4f77aa681274b5490cde
      DOI
      10.15463/rec.873268968
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Amelia Bonea: The News of Empire. Telegraphy, journalism and the Politics of Reporting in Colonial India (c. 1830–1900) (reviewed by Diana Cooper-Richet)

D’origine roumaine, Amelia Bonea s’est familiarisée avec l’histoire de l’Asie du sud-est à l’Université de Tokyo, puis avec l’anthropologie en Australie, avant de faire des études doctorales à l’Université de Heidelberg. Enfin c’est en Inde et à Oxford, à St-Anne’s College, qu’elle a menées les recherches post-doctorales qui l’ont conduites à l’écriture de News of the Empire. Telegraphy, journalism and the Politics of Reporting in Colonial India (c. 1830-1900). Cet ouvrage qui s’appuie à la fois sur cette large expérience internationale, mais aussi sur une quantité et une variété de sources impressionnantes, étudie le rôle joué par différentes technologies, en particulier le télégraphe électrique, dans le développement du journalisme anglophone en Inde, sur le long XIXsiècle.

Les lecteurs des journaux anglophones sont des marchands, des militaires, des membres des administrateurs coloniaux, ainsi que quelques Indiens éduqués. Pour tous, obtenir le plus vite possible des nouvelles du Royaume-Uni est impératif. À cet effet, au cours de la première moitié du XIXsiècle, différentes voies terrestres sont testées. Le développement du chemin de fer, de même que l’ouverture du canal de Suez en 1869, permettent de raccourcir considérablement le temps nécessaire à l’arrivée des news. Mais le télégraphe électrique (1855), dont les lignes se multiplient dans le sous-continent au cours de la seconde moitié du siècle, constitue une véritable révolution.

Coûteux il est, au départ, réservé aux communications en anglais. Son prix et les difficultés liées au terrain expliquent en partie l’utilisation en parallèle, pendant quasiment tout le siècle, de «technologies» anciennes comme les coursiers, les pigeons, les bicyclettes, les chevaux, les messagers spéciaux et les services postaux privés, de même que le télégraphe mécanique ou sémaphore, les steamers et le train. C’est ainsi qu’arrivent dans les ports indiens, à bord de bateaux à vapeur, des bulletins d’information – tel Home news – qui ont été compilés par ceux qui n’étaient pas encore à la tête de véritables agences de presse. Basé à Londres Grindlay and Co. envoie son bulletin d’information, deux fois par mois, vers l’Inde et la Chine. Cette firme propose dans le quartier de Charing Cross, à ceux qui le souhaitent, la possibilité de fréquenter The East India Reading Rooms, où ils peuvent lire un très grand choix de journaux anglo-indiens. Les lettres, quant à elles, sont triées, chaque vendredi soir par quelque deux cents personnes à la General Post Office de Saint-Martin’s-le-Grand, après l’arrivée des trains en provenance d’Édimbourg et d’ailleurs. Elles prennent, elles aussi, la route de l’Inde au départ de Douvres.

Sur la base de ces nouvelles de provenance diverses ceux que l’on appelle les «journalistes», qui comme ailleurs ne sont pas encore de véritables professionnels, « fabriquent » l’information. Formés sur le tas, ils exercent presque tous un autre métier : médecin, fonctionnaire, magistrat, commerçant, missionnaire, voire imprimeur-éditeur-libraire. Certains, très mobiles, sont à la recherche des bonnes opportunités qu’offrent l’Empire. À ces «journalistes», il faut ajouter les contributeurs occasionnels – correspondants de presse avant l’heure –, fréquemment de simples lecteurs. Ce petit monde n’a pas très bonne réputation, beaucoup voient en eux de véritables aventuriers.

L’arrivée du télégraphe électrique en Inde fait l’objet de débats. Pour certains, il est principalement un outil permettant à l’administration de l’Empire de gérer au mieux ses intérêts, en particulier lors des mutineries de 1857. Pour d’autres, il est facteur de modernisation, de civilisation et de progrès. Bien évidemment, tout au long du XIXsiècle, les autorités britanniques ont cherché à réglementer et contrôler l’information. Elles sont préoccupées par le développement de la presse en langues vernaculaires. Ce contrôle de la presse est facilité par le coût de l’accès au télégraphe électrique que tous les journaux ne peuvent supporter, ainsi que par l’arrivée des agences de presse, plus particulièrement Reuters (1866 à Bombay), qui commercialisent l’information comme une marchandise.

Si l’organisation intellectuelle du livre, dont le projet est très ambitieux, conduit à un certain nombre de répétitions que le lecteur peut regretter pour la clarté de la démonstration, l’auteur se pose, très judicieusement, la question de savoir si dans les rubriques intitulées «telegraphic intelligence», les informations sont très différentes de celles qui étaient diffusées auparavant. Elle montre qu’en ce qui concerne les informations maritimes, si importantes pour l’Empire, elles sont souvent tout à fait comparables à celles qui circulaient un siècle plus tôt. Ces informations sont-elles plus fiables? Selon Amelia Bonea, dans le monde de plus en plus connecté où, à la fin du siècle, domine Reuters, ce sont majoritairement les mêmes informations – exactes ou fausses – qui circulent.