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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      sehepunkte
      Author (Review)
      • Yon, Jean-Baptiste
      Language (Review)
      Français
      Language (Monograph)
      English
      Author (Monograph)
      • Winsbury, Rex
      Title
      Zenobia of Palmyra
      Subtitle
      History, Myth and the Neo-Classical Imagination
      Year of publication
      2010
      Place of publication
      London
      Publisher
      Duckworth Publishers
      Number of pages
      198
      ISBN
      978-0-7156-3853-8
      Subject classification
      History
      Time classification
      until 499 AD → 999 - 1 BC
      Regional classification
      Ancient World → Mesopotamia, Persia / ancient
      Subject headings
      Zenobia <Palmyra, Königin>
      Original source URL
      http://www.sehepunkte.de/2012/10/19948.html
      recensio.net-ID
      a666591732805656598ea8b0ee08b39c
      DOI
      10.15463/rec.1189727318
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Rex Winsbury: Zenobia of Palmyra. History, Myth and the Neo-Classical Imagination (reviewed by Jean-Baptiste Yon)

sehepunkte 12 (2012), Nr. 10

Rex Winsbury: Zenobia of Palmyra

Le mythe de Zénobie, éphémère reine de Palmyre, et prétendante à la souveraineté sur l'Orient romain (c'est un point déba;ttu) a excité l'imagination des éc;rivains et des historiens depuis sa défa;ite contre l'empereur Aurélien en 272 de notre ère. Le but du livre est donc d'éc;lairer sur la personnalité de Zénobie, en la dégageant de sa gangue de légende. Un autre des buts de l'ouvrage et de garder en point de mire - lointain - sa popularité relative dans "l'imagination néo-classique". Pour cela est invoquée; la statue de Zénobie (datée; de 1857) par l'artiste américaine Harriet Hosmer (1830-1908), à la Palmyrénienne est représentée; enchaînée;. Sont ensuite traités dans l'ordre chronologique les principales étapes de l'histoire de Palmyre jusqu'en 272, en passant par la montée; de la ville et le rôle d'Odainath, son mari. L'auteur termine par les dernières année;s de Zénobie, avant, dans un chapitre final "Re-assessing Zenobia, 'a celebrated female sovereign'" (145-160), de réhabiliter la figure de la reine, qui ne fut ni une faible femme, ni une victime, ni non plus un modèle de l'idéa;l féminin.

Par certains côtés pourtant, on trouvera ici autant un portrait d'Odainath, son mari, puis d'Aurélien, son meilleur ennemi, que de Zénobie elle-même. Ce souci de contextualiser son héroïne est tout à fait justifié et on sera en général assez d'accord avec les conclusions générales et la prudence de l'auteur. Selon lui, l'aventure de Zénobie est surtout un mouvement de séce;ssion opportuniste. On sait en effet depuis longtemps qu'elle n'était pas la "rebel warrior queen" voulue par certains.

L'ensemble se lit facilement, malgré le choix contestable d'un vocabulaire parfois jargonnant, si j'ose dire, jusqu'au ressassement ("Assessing Aurelian", "Re-assessing Zenobia"), ou bien plus "moderne" ("still less was Zenobia the picture-postcard chocolate-box glamour puss of neo-classical paintings" [151], "In the event, Aurelian wouldn't play ball" [158]), et enfin des choix iconographiques illustrant le texte par des photos contemporaines du site archéologique de Palmyre et de ses panneaux indicateurs (souvent sans rapport autre que secondaire avec le sujet traité). Cela est évidemment plus facile pour la mise en page.

L'auteur est bien informé, avec des réf;érences généralement à jour, même si évidemment on aurait pu attendre que des auteurs non anglophones apparaissent en plus grand nombre. [ 1 ] Toutefois, E. Equini Schneider: Septimia Zenobia Sebaste [1993], et U. Hartmann: Das palmyrenische Teilreich [2001], qui sont les deux ouvrages qui font autorité sur la question, sont bien cités, bien qu'on eut peut-être pu attendre qu'il en soit fait plus usage.

Le principal problème est bien que les sources sont contradictoires, et qu'on ne peut toujours choisir entre des témoignages irréc;onciliables. Il y a forcément un parti-pris de l'auteur dans le traitement de son sujet. Il semble souvent partir d'un présupposé (juste ou faux, cela est un autre problème), ou de la thèse qu'il cherche à démontrer. À cela s'ajoute une certaine négligence des sources arabes et juives. Celles-ci sont certes difficiles à utiliser, mais c'est aussi le cas de l' Histoire Auguste dont l'auteur fait grand cas. Son discours à ce sujet est d'ailleurs parfois contradictoire, prenant très généralement en compte dans le détail le réc;it de l' HA , tout en commença;nt par dire que les éléments qui en proviennent sont souvent douteux.

Ainsi, après la défa;ite devant Aurélien, nous sont présentée;s les versions diverses des auteurs anciens sur le sort de Zénobie. L'auteur convient (quoique "the weight of evidence" appliqué à l' Histoire Auguste - entre autres - peut sembler légèrement optimiste) que la captive finit sa vie à Tivoli. [ 2 ]

De mon point de vue et d'une manière plus générale, il aurait peut-être fallu marquer plus nettement l'ancrage de Zénobie (et de son mari Odainath) dans une société de Palmyre marquée; par le rôle de grandes familles, dont Odainath serait l'émanation. Cet aspect quasi-dynastique explique peut-être la place occupée; par Zénobie; dans d'autres sociétés qui nous semblent "patriarcales", en tout cas dominée; par les hommes, comme en Inde, ou au Pakistan, la période réce;nte a vu d'une manière similaire le gouvernement exercé par des femmes (B. Butto, ou I. Gandhi) qui était justement les héritières de grandes familles de pouvoir. Cette prééminence familiale donne sans doute l'explication de certains faits dont l'auteur rend compte d'une manière qui me semble légèrement inappropriée;. Ainsi, dans l'appendice A sur les titres d'Odainath, il suppose que certains d'entre eux, comme celui de consul (recouvrant sans doute l'obtention des ornamenta consularia ), sont une marque de "prestige rather than power" (162). On voit mal sur quoi s'appuyait ce prestige si ce n'est sur un pouvoir rée;l à Palmyre et autour. La suite montre que ce pouvoir s'exerça;it largement en Syrie et en Mésopotamie (voir d'ailleurs, p. 166: "in his day he gained and wielded considerable power in the Roman East").

Plus loin, l'auteur doute à juste titre que l'adoption du titre de roi des rois prouve rée;llement qu'Odainath ait jamais eu l'ambition d'occuper le trône sassanide. Si cela est vrai, il faut néa;nmoins reconnaître qu'il a sans doute eu au moins le pouvoir de causer des ennuis à Sapor et d'être un sérieux challenger, au moins en Mésopotamie. Les expéd;itions jusqu'à Ctésiphon (une, sinon deux) le prouvent. Elles semblent d'ailleurs également mentionnée;s dans les sources juives (voir réce;mment M. Gawlikowski, MUSJ 60 [2007], 302).

Malgré des interprétations parfois discutables, bien qu'elles soient toujours assez solidement argumentée;s, l'ouvrage est plutôt agréab;le à lire, mais, comme le conclut l'auteur, on est à chaque fois tenté de reprendre les sources et de conclure par soi-même, ce qui est déjà un résultat appréc;iable. Le principal regret en fait est qu'on est frustré de l'étude sur l'imagination néo-classique promise dans le titre et sur la place qu'y aurait occupée; Zénobie (le sujet occupe les p. 145-151, dont deux photos en pleine page). On conviendra qu'il s'agit peut-être d'une conséquence du fait que la place qu'y occupe Zénobie est très minime.


Notes :

[ 1 ] Les réf;érences ne sont pas toujours au point, ainsi p. 184, n. 32, à la réf;érence à l'article de R. Turcan sur le culte solaire est à la collection ANRW , non à la revue ZPE . De même, dans la bibliographie finale, l'article de M. Sartre, "Palmyre cité grecque" ( Annales archéologiques arabes syriennes 42 [1996]) devient "Palmyra Greek City". Il y a çà et là quelques autres erreurs de ce type, qui portent peu à conséquence.

[ 2 ] Incidemment, on signalera à ce propos qu'une inscription de Rome du IV e sièc;le donne peut-être le nom d'une descendante si ce n'est de la reine, au moins de sa famille: L. Septimia Patabiniana Balbilla Tyria Nepotilla Odaenathiana ( CIL VI, 1516).