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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      sehepunkte
      Author (review)
      • Graslin-Thomé, Laetitia
      Language (review)
      Français
      Language (monograph)
      Deutsch
      Author (monograph)
      • Heller, André
      Title
      Das Babylonien der Spätzeit (7.-4. Jh.) in den klassischen und keilschriftlichen Quellen
      Year of publication
      2010
      Place of publication
      Berlin
      Publisher
      Verlag Antike
      Series
      Oikumene. Studien zur antiken Weltgeschichte
      Series (vol.)
      7
      Number of pages
      557
      ISBN
      978-3-938032-38-1
      Subject classification
      History
      Time classification
      until 499 AD → 999 - 1 BC
      Regional classification
      Ancient World → Mesopotamia, Persia / ancient
      Subject headings
      Babylonien
      Original source URL
      http://www.sehepunkte.de/2013/05/19422.html
      recensio.net-ID
      c0d71e11d8ee4851a7bdb3d994d53bcf
      DOI
      10.15463/rec.1189727859
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André Heller: Das Babylonien der Spätzeit (7.-4. Jh.) in den klassischen und keilschriftlichen Quellen (reviewed by Laetitia Graslin-Thomé)

sehepunkte 13 (2013), Nr. 5

André Heller: Das Babylonien der Spätzeit (7.-4. Jh.) in den klassischen und keilschriftlichen Quellen

Issu d'une thèse de doctorat soutenue à Erlangen-Nürnberg, cet ouvrage s'intéresse à l'histoire événementielle de la Babylonie depuis l'époque néo-babylonienne jusqu'à la mort d'Alexandre. L'histoire de la Babylonie est habituellement le domaine des assyriologues, qui lisent et étudient les tablettes d'argile inscrites en écriture cunéiforme, l'écriture inventée et utilisée dans la région depuis le troisième millénaire. Conservés par milliers ces textes, inscriptions royales, chroniques ou textes de la pratique issus d'archives privées et institutionnelles ont, depuis longtemps, permis d'écrire l'histoire de la région. À l'époque néo-babylonienne (fin VII e -VI e siècle), Babylone est la capitale d'un grand empire, couvrant l'ensemble du proche-Orient. La conquête de Cyrus lui fait perdre son indépendance politique en 539, mais pas son influence économique, religieuse et culturelle. Avec l'arrivée d'Alexandre, en 331, la Babylonie passe sous domination gréco-macédonienne, avant d'être intégrée au royaume séleucide après la mort du conquérant.

A. Heller s'attaque donc à un sujet déjà bien connu, mais propose de le renouveler en s'appuyant tout à la fois sur les sources cunéiformes et classiques. Les auteurs classiques ont en effet de la Babylonie une connaissance indirecte, incomplète et bien souvent déformée, mais qui n'est pas sans valeur historique. Prendre en compte leur témoignage apparaît donc comme une nécessité, ce qui n'avait d'ailleurs pas échappé aux auteurs des études antérieures. Mais l'étude des sources classiques et celle des sources cunéiformes demandent des compétences bien différentes qui conduisent souvent, dans les faits, à une séparation artificielle entre historiens du monde gréco-romain et assyriologues. Ces barrières sont heureusement en train de tomber, et A. Heller s'inscrit dans ce courant incarné par plusieurs publications récentes. Si sa formation est plutôt classique, il se montre capable d'une étude philologique précise et bien informée sur les textes cunéiformes.

Le découpage chronologique adopté s'explique par la nature des sources parvenues jusqu'à nous: les auteurs grecs connaissent fort mal l'histoire babylonienne au début du premier millénaire, et les millénaires précédents leur sont totalement inconnus. Il aurait donc été vain de tenter de remonter trop haut dans le temps. La borne chronologique choisie pour clore l'ouvrage est la mort d'Alexandre, surtout pour des raisons techniques: des documents majeurs pour la reconstitution de l'histoire événementielle de la Babylonie hellénistique, les chroniques astronomiques, sont actuellement en cours de réédition. Ce choix présente cependant l'inconvénient de reprendre un découpage traditionnel dont la recherche récente tend à s'affranchir. L'époque hellénistique a en effet livré de nombreux documents cunéiformes, très précieux pour comprendre la manière dont les Grecs s'intallent dans la région.

Le deuxième chapitre expose les sources à la disposition de l'historien. Sources archéologiques et surtout textes littéraires sont présentés de manière précise et critique. Les sources cunéiformes posent des problèmes méthodologiques spécifiques qui auraient parfois gagné à être plus développés. On sait en effet qu'au cours de la seconde moitié du premier millénaire l'akkadien cesse d'être utilisé de manière courante, et est progressivement remplacé par l'araméen. Se pose alors la question de savoir qui continue à utiliser le cunéiforme, et pourquoi. La réponse est loin d'être anodine pour saisir la pertinence historique des documents parvenus jusqu'à nous.

Le troisième chapitre s'intéresse à la structure sociale de l'ancienne Babylonie. Il n'a pas l'ambition de proposer une synthèse complète sur la structure institutionnelle, sociale et économique de la Babylonie néo-babylonienne et perse: les sources cunéiformes sont, sur le sujet, d'une richesse telle que plusieurs volumes n'y suffiraient pas. Il s'agit plutôt de donner au lecteur une idée du cadre dans lequel s'inscrit l'histoire de la Babylonie néo-babylonienne et achéménide. Une attention particulière est portée aux temples dont l'influence est, en Mésopotamie, non seulement religieuse, mais aussi économique, sociale et institutionnelle. Ces temples sont les interlocuteurs privilégiés des nouveaux conquérants de la région et réapparaissent, à ce titre, régulièrement dans les chapitres suivants. La présentation qui en est faite laisse malheureusement le lecteur quelque peu sur sa faim. L'image donnée paraît bien statique, alors que la puissance économique réelle des temples évolue, tout comme leurs rapports à la couronne et leur influence sur la population.

Les chapitres suivants reprennent le fil chronologique de l'histoire de la Babylonie depuis les quelques mentions des rois assyriens glanées dans les textes classiques jusqu'à la mort d'Alexandre. Les différents événements y sont décrits avec soin, les versions grecques, orientales et parfois bibliques comparées, afin de dégager la part de propagande et de reconstruction du passé dont elles sont toutes, à tour de rôle, les victimes. On comprend ainsi comment les discours officiels, grecs ou babyloniens, sont reconstruits pour légitimer les conquérants successifs. Nabonide, l'un des derniers rois néo-babyloniens, en fait particulièrement les frais. S'il laisse l'image d'un souverain hostile aux temples, c'est que s'est développée toute une littérature de propagande destinée à mieux mettre en valeur la tolérance de son vainqueur Cyrus. Le processus se reproduit quelques années plus tard, lorsque la tolérance d'Alexandre est mise en lumière par l'hostilité supposée de Xerxès vis-à-vis des temples, hostilité dont on ne retrouve, en réalité, pas trace dans les documents cunéiformes. Si Strabon ou Arrien mentionnent la destruction de la Ziggurat de Babylone par Xerxès, c'est surtout pour pouvoir rapporter qu'Alexandre a demandé sa reconstruction.

Ces exemples témoignent de la pertinence de la démarche proposée par A. Heller. Que de fois la confrontation ou la lecture simultanée des sources cunéiformes et classique a-t-elle permis d'effacer des zones d'ombre, ou d'apprécier le parti-pris de tel document ancien. L'étude est soutenue par une connaissance réelle des recherches actuelles, même si l'on peut déplorer ici ou là l'absence de certaines références bibliographiques, surtout hors des domaines anglo- et germanophones. Des erreurs factuelles se glissent également dans le texte. La date proposée pour la mort d'Alexandre, la date traditionnelle déduite des sources littéraires, peut ainsi être corrigée grâce à un texte cunéiforme plus précis. Ces détails sont le contre-coup inévitable d'une démarche méthodologique ambitieuse, qui imposait à l'auteur de se montrer compétent dans deux domaines académiques distincts, et donc d'accumuler des lectures immenses, dont témoigne la bibliographie de fin de volume. Ils n'enlèvent rien à la grande utilité du livre. Le lecteur y trouvera une somme à jour, claire et complète, sur l'histoire évènementielle de la Babylonie du VII e à la fin du IV e siècle. Il y verra également à l'oeuvre une méthode dont l'application systématique paraît souhaitable pour toute étude portant sur le Proche-Orient du premier millénaire. Reste à souhaiter que la démarche soit élargie à l'époque hellénistique, sans doute celle dont la connaissance a le plus à gagner de la disparition des frontières érigées artificiellement entre monde classique et cunéiforme.

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