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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      sehepunkte
      Author (review)
      • Pernot, Laurent
      Language (review)
      Français
      Language (monograph)
      English
      Author (monograph)
      • Israelowich, Ido
      Title
      Society, Medicine and Religion in the Sacred Tales of Aelius Aristides
      Year of publication
      2012
      Place of publication
      Leiden / Boston / Tokyo
      Publisher
      Brill Academic Publishers
      Series
      Mnemosyne. Supplements - Monographs on Greek and Latin Language and Literature
      Series (vol.)
      341
      Number of pages
      X, 206
      ISBN
      978-90-04-22908-2
      Subject classification
      History of literature
      Time classification
      until 499 AD → 1st - 5th century AD
      Regional classification
      Ancient World → Greece / ancient
      Subject headings
      Aristides, Aelius <Sacri sermones>
      Medizin
      Original source URL
      http://www.sehepunkte.de/2013/12/22929.html
      recensio.net-ID
      ab112eafba7b4e08940aab887d5b1b2c
      DOI
      10.15463/rec.1189727043
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Ido Israelowich: Society, Medicine and Religion in the Sacred Tales of Aelius Aristides (reviewed by Laurent Pernot)

sehepunkte 13 (2013), Nr. 12

Ido Israelowich: Society, Medicine and Religion in the Sacred Tales of Aelius Aristides

Aelius Aristide revient à l'honneur dans la recherche après une période de purgatoire. Les modernes sont intéressés aujourd'hui par cela même qui faisait dédaigner autrefois cet auteur: son appartenance à l'époque post-classique (II e siècle après J.-C.), sa situation de Grec dans l'Empire romain, ses liens avec la Seconde Sophistique, son engagement rhétorique et religieux. A quoi les Discours sacrés ajoutent des traits particuliers et également intéressants pour notre époque, comme la présentation du "moi", la médecine et les rêves. Les conditions sont donc réunies pour la réhabilitation d'un ouvrage qui a la force d'un document anthropologique. C'est pourquoi les Discours sacrés ont suscité ces dernières années plusieurs livres et articles, en contraste avec la situation précédente.

Dans ce contexte s'inscrit le livre d'Ido Israelowich, issu d'une thèse de doctorat préparée à Oxford sous la direction de grands maîtres (Alan Bowman et Ewen Bowie comme "supervisors", Simon Price et Michael Trapp comme "examiners"). Composé de trois chapitres, ce livre vise à présenter plusieurs aspects essentiels des Discours sacrés . Des annonces et des récapitulations développées ponctuent l'exposé. La bibliographie est très ample, avec une prédilection pour les publications en langue anglaise.

Le premier chapitre étudie les Discours sacrés en tant qu'ouvrage littéraire et cherche à retracer les circonstances de composition, le but autobiographique et le lectorat visé. A propos du passage dans lequel Aristide indique qu'il tenait sur parchemin un registre de ses rêves ( Or. 48.8), on peut être plus précis quant à la présentation matérielle et au contenu d'un tel document [ 1 ]. - Le deuxième chapitre, de loin le plus long, est consacré à la médecine. I. Israelowich décrit le contexte médical dans lequel a vécu Aristide et propose de solides synthèses sur la médecine en Grèce et à Rome et sur les théories relatives aux rêves. Il conclut à juste titre qu'Aristide n'a pas cherché à ramener ses maux à une maladie unique (131). En ce qui concerne Galien, il serait utile de rappeler que ce grand médecin rencontra personnellement Aelius Aristide et porta un avis sur son cas. [ 2 ] Pour comprendre comment Asclépios a pu prescrire un prélèvement de "cent vingt litres" de sang ( Or. 48.47), chiffre énorme qui embarrasse I. Israelowich (115), il faut se référer à la phrase qui suit, dans laquelle Aristide explique que cette quantité ne pouvait pas être atteinte, naturellement, en une seule fois, mais seulement grâce à des saignées nombreuses. - Le troisième chapitre envisage l'expérience religieuse décrite dans les Discours sacrés et souligne qu'Aristide n'était pas un cas isolé en son temps; il est "représentatif" (179) de son époque. Insistons bien, cependant, sur le fait qu'il est représentatif de certaines tendances de l'époque, non de toutes: son commerce permanent avec les dieux, ses cures paradoxales, les antipsychies dont il était sûr d'avoir bénéficié, faisaient tout de même d'Aristide une personnalité curieuse et singulière.

Ido Israelowich nous donne ici une étude attentive et juste, qui offre des bases sûres pour la lecture et l'interprétation des Discours sacrés . Pour prolonger ce travail, l'attention pourra se porter sur d'autres aspects, qu'Ido Israelowich n'avait pas à traiter, car ils ne font pas partie de son sujet, et qui sont intéressants à titre additionnel: la société gréco-romaine vue à travers les Discours sacrés , y compris les difficiles problèmes prosopographiques; et encore, la rhétorique, la poésie, la littérature et la culture en général: l'auteur est un homme de lettres, et ses obsessions d'homme de lettres transparaissent dans ses mémoires. Les Discours sacrés sont un ouvrage riche et complexe, dont on n'a pas encore fini d'examiner toutes les facettes.


Notes :

[ 1 ] Laurent Pernot: Le livre grec au IIe siècle ap. J.-C. à partir de l'œuvre d'Ælius Aristide, in: CRAI 151 (2007), 949-952.

[ 2 ] Galien, Commentaire au Timée de Platon, 33 Schröder.