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  • Metadata

    • Document type
      Review (monograph)
      Journal
      sehepunkte
      Author (Review)
      • Kalliontzis, Yannis
      Language (Review)
      Français
      Language (Monograph)
      Ελληνικά, English, Français
      Author (Monograph)
      • Fossey, John M.
      Title
      Epigraphica Boeotica
      Subtitle
      II: Further Studies on Boiotian Inscriptions
      Year of publication
      2014
      Place of publication
      Leiden
      Publisher
      Brill
      Number of pages
      XVIII, 343
      ISBN
      978-90-04-26791-6
      Subject classification
      Auxiliary sciences of history
      Time classification
      until 499 AD → 999 - 1 BC
      Regional classification
      Ancient World → Greece / ancient
      Subject headings
      Böotisch
      Inschrift
      Aufsatzsammlung
      Griechisch
      Original source URL
      http://www.sehepunkte.de/2016/01/26980.html
      recensio.net-ID
      26254345739d4f3998b20cc1c7ab5eff
      DOI
      10.15463/rec.1189737343
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John M. Fossey: Epigraphica Boeotica. II: Further Studies on Boiotian Inscriptions (reviewed by Yannis Kalliontzis)

sehepunkte 16 (2016), Nr. 1

John M. Fossey: Epigraphica Boeotica II

J. M. Fossey est un des grands savants qui ont travaillé sur la topographie, l'archéologie et l'épigraphie de la Béotie pendant les dernières décennies du siècle passé. Il a beaucoup contribué avec ces recherches à une présentation systématique de la topographie béotienne notamment avec son livre Topography and Population of Ancient Boeotia (1988) et il n'a pas négligé l'épigraphie en publiant plusieurs inscriptions qu'il a découvertes pour certaines d'entre elles. Il a été également l'organisateur de plusieurs colloques sur l'archéologie, l'histoire et l'épigraphie béotienne publiés dans la série Boeotia Antiqua. J. M. Fossey appartient à la génération des savants étrangers qui ont parcouru la Grèce, en visitant systématiquement ses différentes régions et qui ont publié leurs travaux basés sur l'analyse personnelle des monuments et notamment des inscriptions.

La plupart des travaux de J. M. Fossey sur la Béotie ont été publiés avant les années 2000. Dans Epigraphica Boeotica II (2014), il a voulu rassembler des travaux épars, préalablement publiés dans des périodiques ou des actes des colloques. Il a en outre ajouté une série des travaux inédits. Cet ouvrage est la suite de son précèdent recueil d'articles Epigraphica Boeotica I, paru en 1991.

Le recueil comporte trois parties. La première est dédiée aux relations des Béotiens avec l'étranger, la seconde comporte des études sur les dédicaces dans différentes cités béotiennes. Dans la troisième partie sont éditées ou rééditées des inscriptions - pour la plupart funéraires - et qui présentent la particularité d'être encastrées dans les murs d'églises. La première partie débute avec une étude sur les décrets de proxénie béotiens. L'auteur présente de façon synoptique les décrets de proxénie du Koinon et des cités béotiennes, de l'époque classique jusqu'à l'époque hellénistique. Il ajoute deux appendices à propos de deux décrets de proxénie : le premier est le décret conservé au Museum of Fine Arts de Boston publié par E. Mackil [ Chiron 38 (2008)]; le second est un décret de proxénie trouvé à Thèbes et publié par E. Vlachoyanni [ Horos 17-21 (2004-2009)]. La proposition de J. M. Fossey de reconnaitre l'ethnique [Άμαρυ]ν θ ίως à la ligne 5 de ce décret ne peut pas être acceptée, parce qu'à l'époque du décret, le IV e s. av. J.-C. Amarynthos n'était pas une cité indépendante, mais un dème d'Erétrie.

Au chapitre 2, J. M. Fossey présente la petite série des décrets de proxénie d'Haliarte. En ce qui concerne le décret IG VII 2848, Fossey remarque de façon ingénieuse qu'on pourrait corriger le patronyme du rogator Μελίτων Θυμ[οίτ]αο en Θυν[ίδ]αο et propose de l'identifier avec un citoyen d'Haliarte mort à Chalcis au II e s. av. J.-C. IG IX 9, 1136.

Au chapitre 3, J. M. Fossey étudie le catalogue des proxènes SEG 37, 388 publié par V. Bardani [ Horos 5 (1987)]. Un doute plane toujours sur la provenance thébaine de ce catalogue. Dans le cadre de mon travail d'enregistrement des inscriptions du musée de Thèbes, j'ai pu découvrir que cette inscription était enregistrée dans l'inventaire du musée de Thèbes et qu'elle a été donnée au musée par un ouvrier thébain. Dans l'inventaire du musée, il n'y a pas de mention de provenance exacte, mais il est plus probable qu'elle ait été trouvée à Thèbes. J. M. Fossey revient sur les différents suppléments proposés pour l'intitulé de ce catalogue intéressant. Le supplément qu'il propose pour la ligne 3 est de toute évidence trop long et ne prend pas en compte les traces des lettres sur la pierre. Dans une étude à paraître je montrerai que cette inscription pourrait dater de la fin du II e s. av. J.-C. et appartenir à la première célébration des Romaia de Thèbes, fête pour laquelle nous possédons maintenant un catalogue des vainqueurs (SEG 54, 516) publié par D. Knoepfler [ CRAI (2004)].

Au chapitre 4, il présente un catalogue utile des décrets de proxénie du Koinon et des cités béotienne, alors qu'au chapitre 5, il publie une liste des Béotiens honorés avec la proxénie dans d'autres cités du monde grec. Au chapitre 6, il étudie les étrangers qui ont participé aux concours béotiens aux époques hellénistique et impériale. Au chapitre 7, il présente la série des reliefs d'héros cavaliers béotiens, sujet déjà traité par V. Machaira en 2000. Au chapitre 8, il réédite une dédicace de Thisbé, précédemment publiée en 1992. Au chapitre 9, il réédite en collaboration avec L. Darmezin un petit autel de Chéronée qui porte une dédicace et des actes d'affranchissement - textes ont déjà été publiés par Elizabeth Meyer en 2008. Au chapitre 11, l'auteur présente une base honorifique de Chéronée que j'ai déjà publiée dans Horos 22-25 (2010-2013), 315, no 4.

Dans la troisième partie de son livre, il édite ou réédite des inscriptions funéraires qui sont gardées dans des musées béotiens ou encastrés dans des églises des villes et villages béotiens. La dédicace à Valentinien, IThesp 452 n'est pas inédite comme l'écrit J. M. Fossey: je l'ai rééditée récemment, Horos 22-25 (2010-2013) 319-320, n o 3. J. M. Fossey présente ensuite des inscriptions funéraires conservées au musée de Thèbes que j'ai en grande partie publiées dans un article publié dans Horos 17-21 (2004-2009) 373-395. Au chapitre 14, il présente des inscriptions encastrées dans l'église d'Hagios Dèmètrios à Thèbes. J. M. Fossey présente comme inédite l'inscription 2 de la page 234: en fait, il s'agit d' IG VII 2560 publiée par Bursian en 1854 et remployée dans l'église d'Hagios Demetrios construite en 1867. Une autre inscription déjà publiée ( IG VII 2680-2681) et encastrée dans la même église est présentée par J. M. Fossey comme «illegible spolium at Thivai» à la page 243.

J. M. Fossey présente également les inscriptions encastrées dans les murs de l'église byzantine de St. Paul et Pierre à Leuctres et publie une bonne photo du décret de proxénie de l'époque de l'hégémonie thébaine SEG 35, 355. Suit un chapitre sur les cippes funéraires encastrés dans l'église des Taxiarques au lieu-dit Pontza à Coronée. Cette église a été construite quasiment avec du matériel ancien provenant des cimetières de Coronée. Le volume se clôt par une étude sur des inscriptions de Kreusis, la dédicace d'un liménarque ( IG VII 1826) et deux cippes funéraires. Ces inscriptions semblent aujourd'hui égarées; d'où l'intérêt de l'étude menée par J. M. Fossey.

Le travail de Fossey présente des grandes qualités, mais aussi certains défauts. Il est clair qu'il n'a pas suivi la bibliographie béotienne depuis les années 2000. Plusieurs références à des travaux importants sur la Béotie manquent. Une question de méthode se pose également. L'analyse de l'onomastique est en effet une méthode très utile qui donne des résultats intéressants, mais J. M. Fossey a tendance à trop s'attacher à des noms qui sont courants voire très courants, ainsi le nom très fréquent Ζωπύρα à la p. 299.

Malgré ces défauts, l'ouvrage de J. M. Fossey présente de grandes qualités parce qu'il est le résultat d'une connaissance excellente des lieux et des pierres en Béotie qui ne trouve pas facilement son équivalent. C'est la raison pour laquelle le livre de J. M. Fossey sera utile aux chercheurs qui travaillent sur l'épigraphie et l'histoire de la Béotie et de la Grèce centrale.